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Live reports

Radiohead Live – Bercy – 2012

Le verdict est tombé une semaine avant le concert : le label ne délivrera pas de pass photo pour les 2 dates de Radiohead à Bercy. Soit. Je lâcherai donc les 65€ de rigueur (outch) et j’assisterai au concert simplement à travers mes yeux et oreilles. Mais Radiohead étant un des rares groupes à réussir l’exploit de tirer sur la maigre cordelette vaguement sensible doit je suis pourvu, il fallait absolument que j’en ramène un témoignage. Ne serait-ce que pour invalider les propos d’un certain article des Inrocks encore plus moisi qu’à leur habitude (ceux qui suivent l’activité web de ce torchon comprendront l’allusion et me pardonneront certainement l’attaque gratuite. Au passage, il faut le préciser, Les Inrocks malgré leur papier ont eu un pass photo, eux).  A défaut d’images je partagerai donc exceptionnellement mon écriture gauche avec ceux qui veulent bien la lire.

Passons la première partie, groupe electro aux sons kitchs et dont le lightshow à s’en décoller la rétine m’a plus donné l’impression d’être dans le pire rade dancefloor à pétasse de Paris qu’à Bercy à attendre Radiohead, même si une certaine intensité se dégageait de leur musique.

Quand les lumières s’éteignent enfin, je suis d’abord frappé par la scénographie qui possède une force émotionnelle au moins aussi puissante que la musique du groupe. Imaginez un peu : Un fond de scène d’une bonne dizaine de mètre composé à moitié d’écrans géants LCD et à moitié d’écrans sous forme de barres lumineuses, couplés à 18 écrans HD d’environ 2x2m montés sur bras mobiles et capables de prendre toutes les formes. Ces derniers affichent en permanence les visages et les mains des musiciens sur leurs instruments, filmés en direct. Magnifique, l’installation souligne chaque mélodie, chaque rythme dans une explosion de couleurs et de patterns sans jamais tomber dans l’excès. Si quelqu’un connaît le nom du scénographe qui a pondu cette merveille, j’aimerai bien le connaître ; l’homme mérite des éloges.

Le groupe apparaît plus classieux que jamais, dégageant cette force tranquille des mecs ayant beaucoup tourné sans montrer le moindre signe de lassitude. Visiblement réellement en forme et heureux de jouer, ils rendront chaque morceaux exceptionnel avec leur talent unique à nous faire entrer dans leur univers sans forcer. On peut immédiatement remarquer que Thom Yorke a grandement amélioré ses pas de danses ; si on l’a souvent comparé à un type qui se fait poursuivre par un essaim d’abeilles, il ressemble maintenant plus à Travolta qui se ferait poursuivre par un essaim d’abeilles.

La set-list, mélangeant habilement morceaux du dernier album (Give Up The Ghost, Feral, Lotus Flower), tubes incontournables (There There, Paranoid Android, Lycky, Street Spirit, Myxomatosis) et faces B (“The song is called Supercollider, this is NOT a new song”), réussira le tour-de-force de rendre homogène toutes les facettes du groupe.  Au milieu du concert, un enchaînement de Nude (certainement un de mes préférés du groupe), Pyramid Song et Reckoner finira définitivement de me convaincre et à ce moment le groupe aurait pu de mettre à dégueuler sur scène tel des Justin Bieber anglais, rien ne pouvait me sortir de la transe. Impossible de citer tous les moments forts du concert tellement le niveau était élevé tout le long, jetez-donc un œil à la setlist en fin d’article pour vous en convaincre.

Le dernier diptyque du show sera une merveille de puissance et de mise en scène :  une version allongée  d’Everything in its right place (et avec une reprise d’Unravel de Björk en guise d’intro) verra les musiciens quitter la scène un à un, déconstruisant petit à petit le morceau mis en place. Les écrans s’éteindront en grésillant au fur et à mesure que les instruments en font de même ; la scène entière semblant se désagréger une fois abandonnée par ses chefs d’orchestres. La fin se fait alors sentir. Mais ils réapparaîtront un par un, reconstruisant ce qui été détruit pour repartir sur le beat simple et si efficace de Idiotheque qui terminera le concert sous l’ovation générale.  Gentlemen, merci, c’était un grand moment de live.

J’écris ce report dans le RER de 23h30, et malgré l’odeur de pisse froide et le bruit de La Fouine dans les écouteurs de mon voisin, j’ai encore Pyramid Song qui résonne dans ma tête. Que dire d’autre ? Radiohead reste et demeurera un groupe au moins aussi immense que Les Inrocks est un magazine merdique.  Pensez à me le rappeler la prochaine fois que je chouinerai à mettre 65€ dans une place pour les voir.

Setlist :
1    Lotus Flower
2    Airbag
3    Bloom
4    Kid A
5    Myxomatosis
6    Bodysnatchers
7    The Gloaming
8    Separator
9    Meeting in the Aisle
10    Nude
11    Pyramid Song
12    Reckoner
13    There There
14    The National Anthem
15    Feral
16    Paranoid Android
Encore:
17    Give Up the Ghost
18    Supercollider
19    Lucky
20    Morning Mr. Magpie
21    Street Spirit (Fade Out)
Encore 2:
22    Staircase
23    Everything in Its Right Place (Intro: « Unravel » by Bjork)

Encore 3:
24    Idioteque

8 réponses sur « Radiohead Live – Bercy – 2012 »

Bravo pour avoir reussi a mettre des mots sur les impressions que m’ont laissé ce moment unique ! Quelqu’un a la setlist du 12 ?

bel article:) je les ai vu aux Arènes de Nîmes cet été et c’était juste magique !!!

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