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Arcade Fire – Reflektor


Ca y est, il est enfin là…Ceux qui trépignaient  d’impatience peuvent difficilement être déçus, car en plus d’être le plus gros buzz musical de 2013, Reflektor d’Arcade Fire est un chef d’œuvre.

Avec James Murphy aux manettes, Reflektor jouit, comme ses prédécesseurs, d’une production (et d’un plan de com’, il ne faut pas l’oublier) archi-millimétrés. Le groupe nous emmène là on ne pensait pas aller avec eux, ne cessant de nous surprendre avec de nouvelles influences.

Regine rend encore une fois hommage à Haïti (d’où sa famille est originaire), et le lieu principal d’enregistrement de l’album -la Jamaïque- a clairement laissé son empreinte sur quelques morceaux. A ceci s’ajoute un vent disco (Reflektor) bien taillé pour le live, des plages quasi-orientalisantes (We Exist) et des synthés 80s (It’s Never Over) cohabitant avec des basses bien lourdes. Il y a bien deux ou trois titres un peu prévisibles/faciles qui à mon sens ne sont pas totalement indispensables (je pense par exemple à Normal Person ou à Joan Of Arcsur laquelle on jurerait reconnaître un beat et des chœurs empruntés à Bodies Of Water) mais rien qui ne vienne réellement gâcher la fête…

Arcade Fire – Reflektor

Reflektor est donc est un double album très complexe, qui aurait pu se perdre en route à force d’emprunter autant d’axes musicaux différents. Mais c’est là toute la puissance du groupe: malgré la densité de leur disque, tout est en définitive très cohérent, on est dans une sorte de clair-obscur ou au final tout s’équilibre majestueusement. Cynisme et espoir cohabitent merveilleusement bien.

D’ailleurs la question de dualité, de symétrie nous suit tout du long. C’est intéressant de constater les obsessions du groupe: l’ossature même de Reflektor est divisé en deux parties, à l’intérieur desquelles on retrouve encore l’idée du duo (Awful Sound / It’s Never Over, autour du mythe d’Orphée et Eurydice), comme l’image d’un miroir dans un miroir dans un miroir…tiens tiens tiens, ça me rappelle quelque chose. Cette préoccupation plus que récurrente  est également bien là sur la forme, avec notamment Reflektor et Supersymmetry.

Avec Arcade Fire, l’allure a évolué mais, somme toute,  le fond est donc le même: les thèmes abordés sont plus ou moins similaires, et tous les “ingrédients” du style AF sont bel et bien là: souffle épique, entremêlement sexy des voix de Butler/Chassagne, écriture ambitieuse, riffs de guitare frénétiques…

Arcade Fire me fait beaucoup penser à Radiohead il y a une dizaine d’année: un effet boule de neige album après album, une capacité à toujours se renouveler, résultat un groupe de plus en plus énorme qui chamboule tout sur son passage. Comme Radiohead, Arcade Fire a le don de toucher en plein coeur (personnellement, le “can we work it out, scream and shout, when love is gone, where does it go, where do we go – oh oh oh” sur Afterlife me retourne de fond en comble), et ce même après plusieurs albums et des centaines d’écoutes.

Ce sera finalement au Pavillon Baltard (Nogent-sur-Marne) que le groupe se produira le 22 novembre. A vos marques!

Arcade Fire – Afterlife
http://www.youtube.com/watch?v=r75BFcH4u2k

Chronique réalisée par Tamara Tabet, d’Urban Tambourines

 

1 réponse sur « Arcade Fire – Reflektor »

C’est clair, ils se renouvellent à chacune des sorties d’album. Le problème c’est que je n’aime pas trop que les choses changent. J’ai adoré Arcade Fire, un groupe fantastique. Funeral fut même mon album préféré pendant un temps !

J’avoue avoir du mal depuis The Suburbs et donc je ne parle pas du dernier.

J’ai eu le même problème avec les Black Keys, mon groupe préféré (et ce n’est pas un vain mot) pendant la première décennie. Je les écoutais sans cesse et j’avoue n’avoir, un temps, eu que du BK sur mon iPod… Mais alors qu’est-ce que je peux detester leurs dernières sorties :-/.

Nostalgique ou passéiste, à vous de voir, moi je pense n’être simplement pas très Pop.

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