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Live reports

Festival Rock en Seine 2013 – Jour 1

C’est sous de menaçant nuages que l’équipe d’Adnsound s’est dirigée vers le festival Rock en Seine, 16 ème édition. L’année dernière a été riche en surprises et en bonnes découvertes… Alors forcément, on croisait les doigts pour que cette édition soit au niveau… Et (pourquoi faire durer le suspens?), autant vous dire que l’on n’a pas été déçu. Franz Ferdinand, System Of A Down, Nine Inch Nails, Tricky, Phoenix… Niveau têtes d’affiche, les 118 000 spectateurs -un record- ont été plus que servis. Retour en images

Premier concert du week-end: Belle & Sebastian. Même si c’est en totale contradiction avec ce que je viens de vous écrire, je me suis profondément ennuyée. C’est joliment fait, aucun problème là-dessus. Preuve en est, leur dernier album Write About Love, datant de 2010, était un véritable petit bijou pop, aux morceaux ultra-calibrés. Mais justement, en live ils sont trop propres… Et on se fait chier.

Du coup, je m’enfuis et cours voir Team Ghost, le nouveau projet de l’ex M83, Nicolas Fromageau. Trois guitares, assez peu de voix… Je ne m’attendais pas à une ambiance aussi rock, saturé. Entre le shoegaze et la coldwave, les guitares sont assez présente pour ne pas ennuyer. Ce « shoewave » (on remercie le mag anglais NME pour le néologisme) était délicieusement entêtant. Et voilà, premier merci au festival Rock en Seine… Après leur court concert, je n’ai qu’une envie: redécouvrir l’excellent album Rituals, sorti en mars dernier.

On passe dans l’encore plus raw avec Tomahawk. Un petit coup d’oeil à leur bio et on comprend pourquoi c’était aussi bon… Le chanteur, Mike Patton (Fantômas, ex-Faith No More, ex-Mr. Bungle) est accompagné par le guitariste Duane Denison (ex-Jesus Lizard), le batteur John Stanier (Battles, ex-Helmet) et enfin Trevor Dunn, habituel collaborateur de Patton. Bref, un supergroupe aux influences pointues et à l’efficacité incroyable. Ca crie sans exploser nos oreilles sensibles, le rock s’y fait expérimental sans larguer tout le monde et on écoute avec plaisir le seul groupe réellement rock de la programmation -à mon humble avis. Vous l’aurez remarqué, même si la programmation n’était pas mauvaise, les Rock en Seine se font de moins en moins énervés, prompts à attirer le chaland du XVIe arrondissement, au détriment de groupes au son garage et à la guitare facile.

On se calme direct avec les Australiens de Tame Impala. Psychés, ils le sont. Renfermés aussi. Sur scène, le chanteur est régulièrement le nez collé à sa guitare, le trio est positionné en un tout petit cercle… Disons qu’entrer dans leur univers aurait pu être plus simple. Du coup, on file voir Johnny Marr.

Et je n’ai pas boudé mon plaisir lorsque j’ai entendu les premières notes (ok, il m’a fallu un temps infini pour reconnaître, je plaide coupable) d’How Soon Is Now de The Smiths ! Je remercie d’ailleurs Anthony de Rock Your Life, qui m’a dégommée à ce blind-test improvisé. Mais assez parlé des Smiths, c’est Johnny Marr en solo qu’on est venu applaudir… Et ça change de Liam Gallagher qui repompe de l’Oasis –déjà largement inspiré des Smiths ! Fort de son premier véritable album solo The Messenger, Mister Marr, sans s’éloigner profondément de ses premiers amours, nous a servi un super live, parfait dosage entre riffs travaillés et pop solaire.

Aaah, Alt-J. Coup de coeur 2012, un album (An Awesome Wave) parfait… Mais un live ultra décevant aux Fnac Live 2012: son brouillon, jeu de scène inexistant. J’ai même entendu un « on a compris pourquoi ils jouent lentement dans l’album… C’est parce qu’ils jouent mal » dépité. Du coup, c’est avec beaucoup d’espérance que je me suis dirigée vers la scène de la Cascade. Une horde de groupies en chaleur les attendaient déjà de pied ferme. Première chose, le son est clairement meilleur, pas comme le festival de larsen des Fnac Live. Ensuite, on a eu le droit à tous l’album, interludes compris, petites respirations bien appréciables. Mais surtout, les Alt-J se sont un peu décoincés ! Ok, pour tenir un stade, il faudra encore un peu de travail, mais que ça fait du bien de voir le bassiste taper ne serait-ce que du pied! Le public, du coup, est ultra-réceptif. Sur Matilda et Taro, la foule chante fort et -presque- juste. Le sourire de Joe Newman, le chanteur, est communicatif. Tout en retenue, il a l’air ému. Tesselate s’est faite encore plus lente et sensuelle que d’habitude, le claviériste s’est régulièrement adressé au public dans un français quasiment parfait, de grosses basses qui tachent ont été déployées sur Fitzpleasure. Nos petits chouchous ont bien grandi.

Impossible de rater LA tête d’affiche de la journée. Les Franz Ferdinand, de retour leur nouvel album Right Thoughts, Right Words, Right Action (faites encore plus long la prochaine fois…), ont fait leur job. Le concert, mené tambour battant, n’aurait pas pu être plus carré. Les fans était content, les autres aussi. Pourquoi? On a fait une petite expérience : peu importe si vous pensez ne pas bien connaître Franz Ferdinand, vous êtes capables de chanter à peu près 90% de leurs set list, vu que vous avez forcément entendu leurs musiques quelques part. Du coup, un live ultra facile d’accès, un bon petit moment. (Vous l’aurez compris, je ne suis pas une fan inconditionnelle des Ecossais, mais il faut avouer qu’ils font très bien leur travail, malgré des chemises aux motifs hideux).

Traversée du Parc de Saint-Cloud, direction la scène Pression Live pour écouter la diva Alex Hepburn. Une voix puissante et sensuelle dès le premier titre Love To Love You, des versions différentes pour chacun des titres de son album, de jolis tambours sur Angelina. Et surtout, un moment de grâce: l’Anglaise a repris le début de Bang Bang version Nancy Sinatra en enchaînant direct sur son titre Bad Girl. Le public chante en choeur son single Under, et la gente masculine ne boude pas son plaisir. On regrettera seulement la reprise quelque peu poussive de Woman de Neneh Cherry. Un petit « merci toi » au public… Et puis s’en va, nous laissant un peu sur notre faim.


Ce sont les Américains !!! qui ont clos la soirée du côté de Pression Live. Ok, ils ont un nom imprononçable (en fait, si: Chk Chk Chk, « tchik tchik tchik ». Mais bon quand même), ok ils se ramènent en caleçon à motif sur scène, ok le chanteur Nic Offer se met à danser une espèce de voguing à la fin du concert… Mais ces garçons là sont surtout de merveilleuses machines à danser. Et on en redemande!


Et enfin, Paul Kalkbrenner (Paul K pour les intimes) nous a régalés avec son set de techno berlinoise… Un vrai bonheur ! Reprenant ses titres les plus connus issus de Berlin Calling (docu-fiction et album culte), l’Allemand, toujours affublé de ses maillots de foot, a complètement retourné les derniers fêtards présents au Parc de Saint-Cloud. Guten tag et à demain !

Crédits photo: Michela Cuccagna

2 réponses sur « Festival Rock en Seine 2013 – Jour 1 »

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