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Alexis HK Live – Le Casino de Paris – 19.06.2013

Par un soir d’orage, je suis allée écouter de la chanson française d’après-guerre au Casino de Paris. En tournée pour Le Dernier Présent, son quatrième album sorti en septembre 2012, le saltimbanque de la chanson française, Alexis HK, trimbale sa « littérature qui chante » à Paris.

La première partie est – fort bien – assurée par Gaël Faure, jeune chanteur ardéchois vainqueur du concours organisé par Alexis HK sur Facebook. Si le jeune garçon manque un peu d’assurance, il a de l’humour, une plume enlevée et un joli brin de voix qui n’ôte rien à son charme.

Cinq morceaux plus loin, un quart d’heure d’entracte et une bière plus tard, les premières notes – rock n’roll – de l’interlude résonnent. C’est l’entrée du poète, droit et fier, et non claudiquant comme dans la chanson, sur La fin de l’empire. Alexis HK enchaîne avec Fils de, dans un décor sobre et chic,quelques chandeliers et une lumière douce. Rien ne sied mieux à HK que la sobriété. Le mafioso de la chanson française a pour lui une allure impeccable (dans son costard foncé), une classe folle qui confèrent à sa voix suave et profonde – aussi grave quand il parle que lorsqu’il chante – une aura incroyable. Alexis HK joue avec délices son personnage. Un peu déjanté, dérangé mais pas dérangeant. L’ambiance de son concert, il la veut « hospice & love » et conte avec autant d’humour que d’éloquence ses anecdotes de tournée. Ce soir, qu’on se le dise, il se sent en verve : il égrène les mots, les gros et les bons devant un public hilare, tout acquis à sa cause.

Alexis HK et ses musiciens fous, qu’il présente comme ses quatre apôtres alternent des morceaux issus du Dernier Présent avec des chansons des albums précédents comme La fille du fossoyeur, de l’album Les Affranchis. Avec Gaspard, l’ambiance atteint son paroxysme. Car HK fait marrer. Il feint d’être choqué par l’atmosphère joyeuse provoquée par « une chanson qui raconte l’histoire d’une personne de petite taille qu’on lance en boîte de nuit ». Parfois, ça lui passe par dessus la tête, d’autres fois, ça l’agace !

Voici venu le moment de l’hilarante Maison Ronchonchon. Les camemberts statistiques qui mesurent l’ambiance sont au plus haut quand Alexis HK invite sur scène ses camarades de la tournée « Seuls à trois » Renan Luce et Benoît Dorémus avec qui il entonne le chant médiéval Ignoble noble. Sur leur lancée, les trois ménestrels chantent, à cappella, les dangers du surf. Sur scène, c’est un joyeux bordel, emmené par Alexis HK, saltimbanque fou et tendre, poète engagé et musicien enragé. S’il se trouve parfois pompeux, le chanteur manie l’humour et l’auto-dérision avec aisance, menant son concert comme un one-man show. Côté hospice, le public est servi. Pour le côté love, HK invite Karimouche, chanteuse jazzy aux allure de danseuse de flamenco, à venir partager des Paroles en l’air. Pendant près de deux heures, le chanteur enchaîne les morceaux, tour à tour taquin et complice avec ses musiciens. Le claviériste, Matthieu Balet, homme à l’étrange costume à carreaux, assure le show, du piano à l’harmonica, en passant par l’accordéon.

Après nous avoir donné Le dernier présent, la joyeuse bande de troubadours se retire, provoquant un tonnerre d’applaudissements. Le public, debout, rappelle Alexis HK qui, triomphant, revient jouer trois morceaux supplémentaires. Le désormais classique C’que t’es belle donne des airs de bal populaire au Casino de Paris : l’audience, debout, bras-dessus, bras-dessous donne à la chanson des allures d’Étoile des neiges. HK poursuit avec la Princesse de Papier. Enfin, Les Affranchis, la géniale chanson sur une mafia de la musique qui aurait pour parrain Charles Aznavour, attendue toute la soirée et reprise en chœur par le public. Comme une promesse, HK conclut avec Je reviendrai. Nouvelle ovation.

Cette fois, Alexis HK réapparaît, seul, humble pour profiter de quelques minutes volées avec son public, conquis. Si dehors l’orage gronde, les applaudissements du public font trembler le Casino de Paris, saluant la performance du saltimbanque. Les ménestrels saluent, avec les invités remontés sur scène, et s’en vont boire une Suze. Bien méritée.

Alexis HK – Le dernier présent

Crédits photo: Hugues Moizan

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