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Interview – Bumcello: « Saez? Jeune, con et insupportable »

Les deux compères de Bumcello, Vincent Ségal et Cyril Atef, ont enchanté les Solidays dès le premier jour du festival. On a rencontré Cyril, le percussionniste, quelques heures avant leur concert. Souvenirs.

Bonjour Bum… Alors, où est Cello ?

Vincent arrive plus tard, il veut se concentrer. C’est un garçon sérieux, il n’aime pas faire de la promo avant les concerts.

Comment s’est formé votre duo ?

Vincent et moi nous sommes rencontrés en 95 grâce au saxophoniste Julien Lourau. Il nous a réunis avec Sébastien Martel, un guitariste et Eric Löhrer, un autre guitariste. On a répété ensemble, et c’est devenu un groupe, Olympic Gramofone. Dj Shalom s’est ensuite greffé sur le projet. On s’est tout de suite entendu musicalement tout les six. Ca a duré trois ans. Le groupe s’est dissout naturellement, parce qu’on était très occupé, surtout Julien Lourau qui est un excellent saxophoniste de jazz. Vincent a commencé à jouer avec Mathieu Chedid, au début de sa carrière, en 96-97. Je les ai rejoints en 98. L’année d’après, on a voulu créer avec Vincent un duo uniquement basé sur l’improvisation, comme un DJ qui passerait uniquement les musiques qu’on adore, du punk hardcore, aux musiques africaines ou indiennes, en passant par tous les styles, pop, rock. On jouait souvent au Cité A, un club à Ménilmontant. Impro total. On a sorti notre premier album en 2000. Le boss de Tôt ou Tard a bien flashé sur nous et voilà, on en est à sept albums aujourd’hui.

Grosse productivité donc !

Le dernier album a été conçu en improvisation totale, pendant 13 heures. Tommy Jordan, mon vieux pote de Los Angeles, est venu, nous a un peu écoutés et guidés. Il a pris le disque, est parti aux Etats-Unis, et pendant un an il a travaillé sur l’album, comme il est chanteur, multi-instrumentiste, songwriter…

Ce n’est pas la première fois que vous bossez avec Tommy Jordan…

Non, il était déjà sur l’album d’avant, Lychee Queen. Il a fait la pochette du disque, a travaillé sur les mixs… C’est un collaborateur depuis longtemps, mais surtout sur ce dernier disque : il devient le troisième membre. On a fait une tournée en novembre et décembre avec lui, mais là il n’est pas avec nous sur scène, c’est trop coûteux. On ne joue pas assez pour le garder en France.

D’où vient le titre de votre dernier album, Al ?

Parce que Al-bum. Tout le monde prononce « Boumcello », mais c’est bien « bum » comme « album ». Al, c’est LA à l’envers, sachant que l’album a été conçu à Los Angeles… Et Al Green !

En quoi est-il différent de l’album précédent ?

Al est plus cohérent au niveau son, vu qu’on l’a fait de A à Z avec Tommy, et c’est le seul qui chante. Même moi je ne chante pas sur cet album. Sur le disque d’avant, Lychee Queen, on a invité Magic Malik, sur deux morceaux, on a Mama Ohandja, un vieux chanteur camerounais avec qui on bosse depuis longtemps, Tommy Jordan, Chocolate Genius, chanteur américain… C’est beaucoup plus varié que dans Al où Tommy s’est occupé de tout.

Mais niveau style, c’est toujours aussi varié…

Toujours !

Y en a-t-il un que tu préfères jouer ?

Il commence par dire que nonJ’insiste. Ok, j’aime la transe, des trucs qui durent, qui te font perdre la raison. Mon projet solo, Congo Punk, c’est de la transe autour de musiques congolaises. Mais j’écoute de tout.

Justement, un petit coup de cœur récent ?

J’aime bien Owiny Sigoma, chanteur et joueur de lyre du Kenya. J’ai réécouté des vieux trucs de Bootsy Collins, c’était bien. Rone aussi. J’ai fait un remix pour lui. Mais pas une commande hein, j’ai trippé sur son morceau Parade et lui ai écrit un truc. Il a bien aimé, ça va peut-être sortir.

Un concert que tu ne vas pas rater aujourd’hui ?

J’aime beaucoup l’italien Alborosie. C’est dingue comme un italien a pu choper le patois jamaïcain. Poni Hoax, c’est des potes. Bloc Party très bon groupe, Raggasonic aussi. Agoria, on m’en a dit que du bien ! Saez, jeune et con, insupportable. Un écorché vif, Bertrand Cantat numéro 2. J’aime pas. Mais il doit avoir un genre de charisme pour avoir une fan-base qui le suit comme ça. Il ne cartonne pas en vente de disques, mais il remplit des Zénith. C’est le rebelle de service donc ! Désignant M : celui là je le connais, mais je ne crois pas que je serais encore là…

Justement, comment ça se passe avec M ?

On a collaboré pendant au moins 12-13 ans. Mais aujourd’hui il ne se passe rien. Le gars est trop occupé, il fait des Zénith tout le temps. Et c’est surtout que l’année dernière il a changé d’équipe : il s’est séparé de moi, de son ingénieur du son, de son backliner. Maintenant il a de très bons musiciens. Mathieu est dans le show-biz, de « la haute ». Quand on se voit, c’est chaleureux, on se fait des bisous, mais il n’y a plus rien, c’est faux. Il est entouré de beaucoup de « yes man » qui lui disent que c’est super ce qu’il fait, qu’il a une belle âme. Ce n’est plus mon monde. Pas assez de sincérité.

Vous êtes très régulièrement aux Solidays ? Finalement, vous ne faites pas énormément d’autres dates…

Non, pas tant que ça. Bumcello, c’est plus un hobby. Vincent est surbooké, avec Ballaké Sissoko et beaucoup d’autres. Ca fait au moins 4 fois qu’on vient jouer aux Solidays. Les bénévoles sont très sympas, il y a une bonne ambiance.

Une anecdote ?

En 2008, Didier Wampas était monté sur scène avec nous, il avait foutu le bordel j’ai adoré. C’était incroyable.

Trois mots pour définir Bumcello aux Solidays ?

Impro, 100%, folie.

 


Merci Cyril et merci Tôt ou tard.

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