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Reverse Engineering – Highly Complex Machinery

Succédant au surprenant Duck & Cover, Highly Complex Machinery est le nouvel opus des suisses de Reverse Engineering. Fidèles à la tradition helvétique, le trio expérimente des architectures sonores aussi sombres que complexes avec une précision d’horloger. Le résultat de leurs recherches est un Abstract Hip Hop aux sonorités industrielles et au groove ardent.

En industrie, le Reverse Engineering est l’activité qui consiste à étudier un objet pour en déterminer le fonctionnement interne ou sa méthode de fabrication (dixit Wikipedia) … ce qui correspond assez bien dans la musique des trois compères … on y retrouve donc les codes de différents styles musicaux, du Hip-Hop oldschool en passant par la scène électro-dubstep, jusqu’au sampling de voix issues de vieux films … un melting pot aux sonorités expérimentales qui ravira les explorateurs d’ondes hertziennes.

Particulièrement immersif ce nouvel album alterne titres instrumentaux et quelques featuring de haute volée. On retrouve donc au banc des invités, Sayyid Airborn alias M. Sayyid du groupe Antipop Consortium, pour trois titres dont le très expérimental « Fly » qui apporte une petite respiration dans cet univers aussi riche qu’oppressant à l’image de ce « Miracle That Glows » auquel il prête aussi son flow précis.

On retrouve ensuite Jasmine qui ne les quitte plus,  sur l’énigmatique et aérien « Instant Art« , sur lequel j’ai pris beaucoup de plaisir à retrouver l’ambiance de Londinium … imaginez le brouillard envahir les terres, entrer dans vos poumons et vous griser les sens …

C’est ensuite à la croate Diyala de prendre possession du micro sur le bouleversant « World In Reverse« , curieux mélange de hargne et de féminité !

On retrouve pour finir un habitué du genre, « Blu Rum 13 » qui avait déjà collaboré en 2008 avec Ez3kiel et que l’on retrouve sur « Defiance« , (qui devrait plaire aux amateurs du groupe Herbaliser) et enfin pour clôturer l’album,  sur « Future Shock » en compagnie de Sayyid Airborn.

En ce qui concerne les titres instrumentaux, je vous invite à vous pencher sur ce « Socially Acceptable » aux percu sidérurgiques et sur le très mélodique « Six Click« .

Reverse Engineering a réussit avec Highly Complex Machinery a nous surprendre à nouveau avec un album au rythme soutenu qui décolle avec brio et se pose avec classe !

Label : Jarring Effects – Sortie : février 2010

2 réponses sur « Reverse Engineering – Highly Complex Machinery »

[…] Abstraction faite d’une introduction mettant en scène les premiers mètres de sillon d’un disque vinyle rayé,  les titres qui composent ce nouveau paysage nous font l’effet du calme après la tempête provoquée par Lazy Trace. Oh bien sur, les scènes qui se succèdent dans nos oreilles sont toujours le théâtre d’un monde  en proie à une certaine forme d’angoisse mais il semble y avoir comme une forme d’apaisement dans l’esprit de nos deux chimistes dont le travail n’est pas sans rappeler l’œuvre chirurgicale des  suisses de Reverse Engineering. […]

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