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Interview – Marie-Flore: « J’aimerais écrire pour Christophe »


Trois ans après son premier mini-album, la douce Marie-Flore (maman a voulu rendre hommage à Joan Baez) revient avec un EP puis un album. Une voix fragile, une silhouette de brindille et cinq titres mélancoliques… On l’a rencontrée dans un bar parisien en attendant de pouvoir l’écouter le 14 juillet au Trabendo dans le cadre du festival BitterSweet Paradise. L’auteur-compositeur-interprète s’est prêtée au jeu de l’interview… Et est même allée jusqu’à poser dans les toilettes devant l’objectif de notre photographe Michela.

Cela fait trois ans depuis le dernier album, More Than Thirty Seconds If You Please… On commençait à s’inquiéter ! Qu’est ce que tu as fait pendant tout ce temps ?

De la musique ! J’ai passé pas mal de temps en studio, tourné plusieurs fois avec Pete Doherty. Je suis partie pour faire l’ouverture de ses concerts, on s’est rencontré là-bas au bout du deuxième jour. Je n’étais que la première partie, je n’avais  pas envie d’emmerder les groupes qui passent après, je suis un peu timide. Le deuxième jour, il est venu me voir, on a fait un duo sur scène le soir même !

C’est la collaboration qui t’a le plus marquée ?

Sur ces dernières années oui, sûrement… Que ce soit pour son approche à la musique ou même humainement parlant.

Pas trop d’annulations de dates ?

Une seule, donc ça va (rires).

 

Tu as également co-écrit une majorité des paroles de l’album de Stuck In The Sound. Comment ça s’est passé ?

Un peu par hasard. Au départ, j’étais amie avec José le chanteur. Il devait écrire des paroles pour un autre projet qu’il a, Sarh, qu’il fait avec Dj Pone des Birdy Nam Nam. Quand j’ai écouté les instru je me suis rendue compte que ça m’inspirait beaucoup donc j’ai essayé d’écrire un texte. Ça lui a tellement plu qu’il a voulu que j’écrive aussi sur leur album Pursuit qu’ils étaient en train d’enregistrer.

Tu fais beaucoup de collaborations… Tu préfères travailler pour les autres ou plancher sur ton projet solo ?

Bosser pour les autres, ça peut être frustrant. En même temps, c’est libérateur dans l’approche  à l’écriture. Mais définitivement, mon truc c’est de travailler sur mon projet avec des gens qui s’agrègent autour.

Alors avec qui as-tu travaillé sur cet EP Feathered With Daggers et sur l’album à venir ?

C’est un peu la même équipe. L’EP est réalisé par Robin Leduc, qui a notamment travaillé avec Revolver, Constance Verluca ou The Rodeo. Il y aussi un duo avec Gregg Foreman de Cat Power et je travaille sur un autre duo -je sais pas si ce sera dans son album ou dans le mien- avec Roger O’Donnell, le claviériste des Cure. More to come j’espère…

Tu n’as pas peur de te disperser ?

Pas vraiment… De toute manière quand tu es musicien tu as beaucoup de temps libre (rires). Quand j’ai écrit pour Stuck, ça m’a remotivée pour mon propre projet. Ça te nourris musicalement. Ce n’est pas de la dispersion, je suis juste un peu touche-à-tout.

Il y a en effet une progression entre le premier album et cet EP. Le son de Feathered With Daggers est plus rock, tu pousses plus la voix…

Mon premier mini-album, c’était moi sans être moi, je ne m’étais pas vraiment trouvée musicalement alors que mes influences sont les mêmes. Mais je n’avais pas mûri tout ça. Travailler avec Robin, partir en tournée avec Peter, ça m’a beaucoup appris et libérée.

On te colle souvent une étiquette de « fille mignonne qui fait des chansonnettes avec sa guitare » ? D’autant que ton nom de scène est ton prénom, comme beaucoup de jeunes chanteuses ces dernières années…

J’essaye de ne pas trop y penser. Je m’en suis bien rendu compte que c’était bizarre de s’appeler Marie-Flore et de faire la musique que je propose mais je n’avais pas envie de me cacher derrière un pseudo. Ça a beau être un prénom un peu ridicule et pompeux, mais en même temps c’est moi et ce projet est de toute façon très personnel.

Ce projet c’est toi… Tu mets beaucoup d’éléments perso dans les textes. J’ai même entendu que tu espérais que le public ne comprenne pas tout de tes chansons, tant c’est personnel.

Quand j’écris, c’est souvent une adresse à quelqu’un, cette personne est directement visée…

Celui pour qui tu as écris By The Dozen doit être ravi…

Oh je ne sais pas… A mon sens c’est quand même une belle déclaration ! En tout cas, l’anglais aide. Ca crée une distance, mes proches ne sont pas forcément touchés directement du coup. C’est un peu risqué oui, mais en même temps je m’en fiche un peu (rires).

Marie-Flore – By The Dozen

Tes influences ? Cat Power ?

J’aime beaucoup leur travail, j’ai eu la chance de les rencontrer, de travailler avec eux. J’ai énormément de respect mais ça n’a jamais vraiment fait partie de mes références, c’est assez paradoxal… Je suis plus sixties, du rock garage, les Velvet Underground. Je n’écoute que des vieux trucs où les gens sont morts ou ont l’âge d’être mon grand-père (rires). J’ai un peu de mal à me renouveler.

Tu as bien un coup de cœur récent…

Fauve. Leurs textes en français me touchent beaucoup, à la fois adultes et adolescents. Ils ont de la fraîcheur dans la revendication. Quand je les ai vu en concert, je me suis dit que c’était le mélange parfait entre Orelsan et Arnaud Fleurent-Didier.

Ca ne te donne pas envie d’écrire en français du coup ?

Parfois, j’écris en français… Mais j’aimerais bien les donner aux autres.

A qui, dans l’idéal ?

Christophe peut-être…  Ou Elli et Jacno.

Tes projets ?

L’album, c’est mon projet le plus cher. Ça fait deux ans qu’on travaille dessus, il sortira surement en automne 2013. Tourner mon style vers des choses plus rock pour l’album. Pourquoi pas aller aussi vers l’electro et le trip-hop, par petites touches… Peut-être pour le prochain !

L’univers Marie-Flore en 3 mots ?

J’ai envie de te dire Boys Noize, parce que c’est l’affiche en face de nous (rires). Mais en fait mon univers se rapproche de ça : c’est du bruit, ça parle d’un garçon… et c’est personnel.


Crédits photo: Michela Cuccagna

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