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Bonobo – Black Sands

Les économistes n’étaient guère optimistes, mais 2010 commence pourtant sous de très bonnes augures, la preuve en est, elle coïncide avec le grand retour de Bonobo ! Quatre ans après un Days to Come très riche en featuring, Simon Green revient aux sources de l’électro-jazz avec Black Sands, le quatrième opus studio de l’animal magique …

Si Bonobo est à ce jour l’artiste de Ninja Tune le plus écouté dans le monde, c’est qu’on retrouve dans sa musique un caractère universel, qui dépasse de loin les notions de courants musicaux et de public. Par son approche très personnelle de la composition et de l’arrangement, Simon Green à eu un rôle très important pour toute la scène électro-jazz car il a permis au néophytes d’aborder cet univers très cloisonné grâce à des orchestrations fouillées mais accessibles ainsi qu’en faisant le choix d’opter pour de vrais instruments à une époque où tout passait par les sampleurs.

Black Sands s’ouvre donc sur « Kiara« , titre instrumental d’inspiration chinoise, mélopée cinématographique rappelant les bandes originales des films de Zhang Yimou ou de Chen Kaige. A peine le temps de profiter de notre palanquin que notre guide nous dépose déjà devant une petite porte surmontée d’un néon grésillant … on sonne, car il fait froid, la porte s’ouvre et les violons s’estompent pour accueillir un gros son dubstep … Fidèle à Darwin, notre singe est décidément en perpétuelle évolution et vient encore de nous scotcher au poteau … Les violons reviendront sur la fin en nous laissant encore sous le choc …

Mais la nature reprend le dessus, car les instruments si chers à Green seront de retour sur « Kong« , La basse s’enroule autour d’un lead de guitare digne de Dan The Automator et nos épaules se relâchent, béatitude quand tu nous tiens …

« Eyesdown » titre chill-out à la rythmique dubstep nous permet de faire la connaissance de la belle Andreya Triana à qui reviendra la charge d’assurer toutes les parties vocales de cet opus dont le très addictif single « The Keeper » et cette entrainante bossa  intitulée « Wonder When« .

La visite continue dans le désordre avec une petite escale par le pain de sucre grâce à « El Toro » qui débute sur des percutions brésiliennes pour finir en un joyeux melting pot inspiré du latino-jazz américain des années 70 … Un soupçon d’africanisme vient colorer le mélancolique « We Could Forever » quand « All In Form » se pare de sonorités assez proches de celles qui composent l’univers de Wax Tailor. L’excellent « Animals » est mi chemin entre le free-jazz et le post-rock, une fusion cohérente et parfaitement dosée …

Enfin c’est à « Black Sands » de clôturer l’album sur une valse mélancolique faisant part belle aux instruments à vents.

Pour conclure, Black Sands est un album sans failles, riche et surtout très équilibré. Simon Green à réussi l’exploit de faire se côtoyer sur un même disque l’ensemble des influences qui constituent son univers. Sans nul doute l’opus le plus aboutit de l’artiste …

Label : Ninja Tune – Sortie : Avril 2010

Bonobo feat Andreya Triana – Eyesdown

6 réponses sur « Bonobo – Black Sands »

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