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Interview Fink – Paris – Mai 2009

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Dans la chaleur humaine d’une terrasse parisienne du neuvième arrondissement, nous avons eu la chance de rencontrer Fink à l’occasion de la sortie de son nouvel album, Sort of Revolution.

Bonjour Fink,  pour commencer par le commencement, tu a débuté ta carrière comme DJ et tu joue désormais de la folk-musique, pourquoi à tu laissé tes platines au profit d’une guitare classique ?
Les jeunes jouent au DJ, tu sais dans la vie, tu dois toujours aller de l’avant et je n’ai pas envie de devenir un DJ de 45 ans. De plus, en tant que DJ, à moins d’avoir atteint un certain niveau tu ne joue pas forcément tes propres matériaux, tu compile trois heures des meilleurs sons que tu peux trouver. Cela dit, avec l’arrivée des samplers, de nombreux DJ ont produit leur propres sons. J’étais à Berlin la semaine dernière dans un super lieu et j’écoutais un ami jouer son propre son durant deux heures mais quand j’ai quitté le Djing tout cela n’existait pas. Tu sais si tu fait quelque chose durant 8 ans, évolue !…. Quand j’ai commencé comme DJ, je vivais presque toute ma vie dans les clubs, j’ai joué pour Ninja Tunes, pour Blue Notes, dans plein de villes et dans beaucoup de salles comme le Grand Rex, à l’époque faire du Djing était une révolution, avec le trip-hop, avec des artistes comme DJ Crash et DJ Shadow, c’était vraiment une révolution. Mais je pense que le DJing a changé, que la musique Dance a changé et que les clubs ont changé, c’est une bonne chose et quand j’étais à Berlin j’ai trouvé ça vraiment étonnant. Mais ce n’est plus ma scène aujourd’hui.

Est ce que tu y reviendras un jour ?
Je ne sais pas, probablement pas en tous cas, pas en tant que Fink,  Fink évoque aujourd’hui la musique folk, la Soul, le Blues …
A l’époque je jouais de la guitare à côté du Djing et maintenant c’est l’inverse voilà tout.

Continue tu à travailler seul où est-ce désormais du travail à plusieurs quand tu composes?
Non je travaille avec les autres désormais, composer à l’ordinateur est un travail en solitaire, on cale ses clicks, on joue son riff et c’est un peu enclavant, j’ai aimé ça, mais aujourd’hui c’est de l’aspect social dont j’ai besoin, mélanger les idées faire du bon son à plusieurs. C’est agréable d’avoir trois personnes qui jouent ensemble le même morceau, échangent et vont dans le même sens !

Sort of révolution est ton troisième album, nous l’avons trouvé moins blues que les précédents et beaucoup plus porté sur la Soul. Es tu d’accord avec notre point de vue ?
Oui exactement c’est ça moins blues, moins Indé, il est arrivé un moment où l’on a eu envie de plus se tourner vers la soul, je ne sais pas, peut être une question d’état d’esprit sur le moment. Et puis il se trouve que ma voix est finalement assez soul, à la limite j’aurais pu faire du RNB ! Mais plutôt que de faire du RNB, j’ai le blues qui comme une barrière quand je joue me stoppe dans mon élan et m’empêche de faire du RNB. Il y a aussi peu être plus de feeling dans ce troisième album car nous nous sommes tout simplement améliorés, notre premier album était notre premier album …

Nous avons particulièrement apprécié le titre « Q&A », qui possède un son et un style réellement différent des autres morceaux peux-tu nous en parler un peu ?
Oui c’est mon morceau préféré sur l’album, pour entrer dans le détail, sur le premier album, Biscuits For Breakfast, nous avions le titre « So Long », inspiré de l’univers de D’Angelo et je voulais faire un nouveau morceau dans cet état d’esprit. « Q&A » est une chanson que j’ai voulu soul sans quelle sonne RNB, et ce n’est pas facile. Cette chanson ne parle ni d’amour ni de sexe et le but était de ne pas avoir un texte du genre « Baby i love you and you love me » … juste une chanson cool … enfin, c’est l’idée.

Il y a un vrai melting pot au niveau de tes influences en fait … Qu’est-ce qui t’a influencé le plus ?

Je pourrais dire que j’ai été assez inspiré par la musique de Radiohead et plus généralement par la musique blues. Concernant Radiohead, ce qu’il y a de bon chez eux est le fait qu’ils se renouvellent à chaque album, tout le monde à son album préféré de Radiohead … J’aimerais faire assez d’album de Fink pour que chacun ai son album de Fink préféré, c’est dans ce but que nous avons fait ce troisième album légèrement différent des autres …

Peut être reviendra tu aux platines pour y faire côtoyer la guitare …
Jamais oh grand Jamais … j’ai arrêté le Djing depuis 2000 et Biscuits For Breakfast n’est sorti qu’en 2006  que crois tu que j’ai fait entre temps …  j’ai essayé de faire ce type de Trip-Hop et crois moi c’est le pire résultat que j’ai jamais obtenu ! … Alors j’ai dis à Ninja Tune, prenez ceci c’est doux, c’est du blues. Ninja Tune voulait un set live comme l’a fait Bonobo, j’ai dis OK mais ce serra à la guitare acoustique !

En parlant de Simon Green, il y deux featuring sympathiques sur Sort of Revolution, c’est la collaboration avec Bonobo qui t’en a donné le goût ?
Hum non, ce fut une super expérience de travailler avec Simon et l’idée était d’avoir chacun sa version de la chanson sur nos album respectifs mais la collaboration avec John Legend est un accident, un bel accident ! Pour Son of Dave c’est différent, nous avons été amené à nous voir à maintes reprises notamment durant des festivals et c’est naturellement qu’il a participé au morceau « Pigtails« , il a une approche vraiment très intelligente de l’harmonica. La collaboration avec John, tient pour le coup du hasard, il a entendu la version initiale de « Move on me » et a proposé de poser une partie clavier, c’est une belle expérience, de plus John est déjà assez riche comme ça, ce n’était donc pas pour l’argent que ça représente mais vraiment pour le plaisir d’échanger et de faire de la musique !

Malheureusement le temps nous est compté, alors en guise de dernière question, que penses-tu de l’accueil français ?
Excellent, j’aime beaucoup la France, notamment car la France est le premier pays à avoir accueillit Biscuits For Breakfast. C’est un peu mon premier amour musical !

Encore merci à toi Fink pour avoir fait l’effort de comprendre mon anglais !

Chronique de Sort of revolution

Live report de Fink

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