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Interview – Ewert and the Two Dragons – 2012

Contrairement à ce que leur nom indique, ils sont quatre dans Ewert and the Two Dragons. Les estoniens ont ravis l’Hôtel de Ville au dernier jour des Fnac Live avec leur pop-folk onirique et leur dernier album Good Man Down. Quelques heures avant leur concert, Adnsound a pu discuter avec Erki, le guitariste et Ewert, le chanteur. Il n’y a qu’à regarder les photos de leur concert pour se rendre compte clairement de leur tempérament : ils y embrassent le public du regard, tout en douceur. Autour d’un verre de vin français, leur « énergie liquide d’avant-concert », rencontre avec ces deux garçons qui n’ont pas pris le melon:

Qu’est ce que ça vous fait de jouer aux Fnac Live ?

Erki : C’est vraiment un endroit très prestigieux… On est très content mais paradoxalement pas si stressé. Surtout fatigué en fait, on a pas beaucoup dormi ces derniers jours, on a joué un peu partout en Europe…

Vous venez d’Estonie, mais vous êtes signés sur un label français, du coup vous tournez pas mal en France. Le public français est différent du public estonien ?

Ewert : Globalement, le public réagit pareil ici ou chez nous. Mais il y a une petite différence. Ici les gens qui peuvent nous suivre sont plus… Comment dire ça en étant poli (rires)… Matures ! Ca nous fait vraiment plaisir parce qu’on sait qu’ils sont plus éduqués musicalement que les gens de leur génération en Estonie. Une fois, un homme qui travaillait pour la salle où on jouait, pour le coup très très « mature », nous a demandé quel style on jouait. On lui a répondu qu’on faisait de la pop-folk, on ne savait pas trop quel mot choisir pour qu’il voit exactement notre style. Mais tout de suite il nous a dit « Ah, du sixties seventies ! Je reviendrais vous voir au concert alors ! ». On était vraiment ravis, parce qu’il savait vraiment de quoi il parlait et qu’il nous a identifié a ces influences là.

Justement, vous êtes clairement ancrés dans le style des années 60-70… Un groupe en particulier ?

Ewert : Les Beatles bien sûr ! Bon déjà parce qu’on aime mais aussi parce qu’on a un attachement particulier à eux… C’est un des premiers groupes de l’ouest à s’être aussi implanté derrière le rideau de fer, donc on écoutait ça chez nos parents.

C’est pour ça que tu écris en anglais ?

Ewert : L’écriture en anglais vient naturellement… Forcément à écouter beaucoup de musique anglophone on s’imprègne de la langue. Maintenant, je lis beaucoup en anglais aussi, et à voir toutes ces jolies phrases on a envie de faire pareil (rires)

Comment se passe l’écriture des paroles ? Qu’est-ce qui t’inspire ?

Ewert : Il y a toujours quelque chose de personnel dedans. Si c’est juste une histoire qu’on raconte, on le vit moins sur scène, ça a moins d’intérêt. Par exemple, Jolene est une histoire totalement personnelle. Mais forcément, au fur et à mesure de l’écriture, ça se transforme pour donner quelque chose de plus universel, que chacun peut interpréter à sa manière.

Tu parlais du rideau de fer tout à l’heure… L’histoire de votre pays a-t’il une influence sur l’industrie de la musique estonienne ?

Erki : Oui, d’une certaine façon. Avant, les groupes estoniens ne sortaient pas des frontières, ou alors seulement en Russie dans les années 80. Ce n’est pas rien la Russie, c’est sûr, mais il n’y avait pas d’alternative si ils voulaient tourner. Nous, on a la chance maintenant de pouvoir aller partout en Europe, comme cette semaine, de découvrir d’autres publics, d’autres pays. On n’a pas été habitués à entendre beaucoup d’autres groupes faire pareil quand on était petit. Alors forcément, ça marque les esprits et ça a pas mal d’influence sur les plus jeunes générations.

Parlons un peu de vous quand même… En quoi ce deuxième album, Good Man Down, est-il différent du premier, The Hills Behind The Hills ? Parce qu’au final, c’est toujours la même atmosphère douce, « dreamy » et pop-folk…

Erki : Tiens, c’est vrai qu’on aime bien cette idée de rêve dans notre musique… Ce qu’il s’est passé c’est qu’on a enregistré le premier album dans une maison de vacances, avec beaucoup d’instruments acoustiques et on s’est vite rendu compte que c’était difficile à rendre en live, surtout dans de grands festivals comme ici. Du coup, sur le second, on a rajouté plus de sons électroniques, une guitare électrique…

Est-ce que c’est plus pop que folk maintenant ?

Erki : Oui, on peut dire ça c’est vrai. On est parti sur quelque chose d’un peu plus sombre, peut-être un peu moins chaud.

Qu’est ce que vous voulez faire sur le prochain album ?

Erki : On a déjà 3 chansons qui seront certainement dans le prochain album. Elles sont déjà dans nos setlist, qui ont énormément évoluées depuis qu’on tourne. Les gens nous ont dit qu’on sentait une différence avec les autres chansons, mais que ça restait du Ewert. On se dit que c’est plutôt bon signe ! (rires) On est peut-être plus matures.

Quand est-ce qu’il arrivera ce nouvel album ?

Ewert : L’année prochaine. Ca fait déjà deux qu’on tourne et ce nouvel album on y pense depuis vraiment longtemps…

Vous n’aviez pas eu la peur du 2ème album avec Good Man Down ?

Ewert : En fait, pas du tout. On a plus peur de sortir le troisième à vrai dire. Le deuxième était évident pour nous à partir du moment où on a commencé les concerts. On avait eu de bonnes critiques mais on ne s’est pas mis la pression. Par contre, celui là…. (rires)

Comment est né Ewert and the Two Dragons ?

Erki : On vient de plusieurs villes différentes en Estonie. On était tous éparpillés. J’ai rencontré le batteur et on est monté tous les deux à Tallinn. Là on a rencontré Ewert à l’université de Tallinn. On est devenus amis mais on a créé le groupe bien plus tard. On s’amusait seulement, on jouait chacun de notre côté dans d’autres groupes. Un jour, la femme d’Ewert nous a dit : « vous faites de la musique pour les autres, pourquoi ne pas penser à vous ? ». Et voilà, on est allé dans cette maison de vacances et on a enregistré le premier album. Avec le batteur on était chacun dans des groupes de punk à l’époque.

Comment on passe du punk à ce projet là ?

Erki : Je suis instrumentaliste avec d’être musicien. J’étais un gros geek des guitares Au bout d’un moment, j’ai quand même eu envie d’un peu plus de douceur, plus de recherche musicale aussi. J’ai essayé le jazz moderne et c’était un peu trop dur (rires). Là avec Ewert and the Two Dragons, j’ai trouvé mon équilibre. Mine de rien, c’est un truc de gros durs que d’assumer la douceur ! (rires)
Ewert : oui, il faudrait peut-être dire ça bien fort à pas mal de groupes… Le message est passé ? (rires) N’est pas le plus dur qu’on croit !
Moi j’étais dans un groupe plus ou moins dans le même style que ce qu’on fait avec ce projet. Et le bassiste était dans un groupe avec lequel tout le monde voulait jouer à l’époque, on était tous tellement jaloux !
Erki : On a vraiment trouvé un équilibre… On aime ce qu’on fait avec Ewert and the Two Dragons et on prend plaisir à le jouer.

D’où il vient ce nom ?

Erki : En fait… On n’avait pas de nom. On ne se considérait pas vraiment comme un groupe quand on était dans cette maison de campagne. On n’avait pas de manager, pas de deadline… Ca a commencé à devenir un peu plus sérieux quand on a parlé de l’album, que des gens voulaient nous programmer dans leurs concerts, nous faire passer à la radio… Là, forcément, il a bien fallu trouver un nom ! Au départ, les deux dragons c’était une blague de la femme d’Ewert… On n’a pas compris la blague pour être honnête (rires)… Et du coup, la première fois qu’on nous a demandé notre nom, dans la panique on a sorti ça, parce qu’il fallait bien dire quelque chose. Au final, on aime vraiment ce nom et on trouve que ça colle. C’est un nom qui dégage de l’onirisme, du rêve, une atmosphère « dreamy » comme tu disais, une ambiance de conte de fée.

3 mots pour définir votre univers ?

Erki : « dreamy »… Ce sera le mot du jour ! (rires)
Ewert : Mon mot va être totalement à côté de la plaque par rapport à ton « dreamy » mais je vais dire honnête.
Erki : Pourquoi ce serait à côté de la plaque ?
Ewert : Ca fait un peu « on est super perchés mais on est honnête sinon, promis… » (rires)
Erki : Ok donc à mon tour de sortir quelque chose à côté de la plaque… Audible ! Voilà, Ewert and the Two Dragons c’est un groupe « dreamy », honnête et audible !

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