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A State of Mind – Crown Yard

J’ai connu les ASM (A State of Mind, rien de dégueu dans ce sigle, je vous vois venir !) avec Wax Tailor, comme beaucoup. Le magicien du sample les a pris sous son aile depuis Positively Inclined, titre présent sur l’excellent Hope and Sorrow. Mêlant flûte, violoncelle, samples rétro et hip-hop inspiré, ce morceau a balancé les trois « Gentlemen Hooligans » sur la scène française, pour notre plus grand bonheur.

L’anglais Fade, l’allemand FP et l’allemand/canadien Green T portent bien leur surnom paradoxal, entre bad boys au rap grave et traînant et partie instrumentale jazzy et distinguée. Après Platypus Funk, leur premier album sorti en 2010, ils reviennent avec Crown Yard, 15 titres entraînants et recherchés. Si on pouvait reprocher au premier opus d’être très (trop ?) proche du style Tailor, ce nouveau CD apporte une pincée supplémentaire de cuivres et basses funky, nous faisant voyager dans l’univers presque mafieu des trois lascars. En même temps, avec une pochette d’album comme celle de Crown Yard, il fallait bien s’attendre à se retrouver au fond d’un salon enfumé, entre tourne-disque à l’ancienne et bâton de chaise cubain.

Un peu gangsters, un peu bluesmen, très hip-hop, les deux MC’s et le Dj signent un album qui sent la bonne humeur. S’ils s’affranchissent de Wax Tailor, le sampling reste dans leurs veines. Exemple probant et réussi, Don’t Look Back, qui revisite un titre de Mandrill. On y retrouve des flûtes, chères à Tailor. Mais la comparaison s’arrête là : funk, scratch, omniprésence des cuivres et surtout la montée en puissance avant les refrains portent la patte ASM. Et comment ne pas aimer ?

Voix féminine et piano sur Give it up, ambiance zen sur l’intro de Rhodes Less Travelled, carrément reggae sur Hide and Seek, l’album est varié mais peut s’écouter d’une traite sans avoir l’impression de passer du coq à l’âne, ce qui est rare mine de rien. Enfin, coup de cœur pour Gone Fishin, titre plein d’humour où le beat des rappeurs filent comme un petit poisson entre les lignes de cuivres. Ou encore pour Limbo, qui clos l’album magistralement, avec lenteur et hommage aux voix noires-américaines, à coup de crépitement de vinyles et instru made in Ray Charles. Mais attention ! Ne quittez pas tout de suite votre casque, une petite surprise vous attend en bonus track… Honnêtement, sans être catastrophique, elle ne casse pas des briques à côté de la première partie de Limbo, mais ça fait toujours plaisir.

Vous l’auriez compris, Crown Yard est la confirmation d’une bonne découverte. Pour nous prouver tout ça, les ASM seront le 19 novembre au Casino de Paris. Et si, d’albums en albums, les ASM relèvent le niveau, vivement le prochain !

Label : Lab’oratoire – Sortie : Octobre 2011

3 réponses sur « A State of Mind – Crown Yard »

Kuâ ??
Dans quel contexte est-ce que tu as pu récupérer ce cd qui n’est même pas encore sorti ? une exclu ? Rahala, il me faisait déjà baver mais avec ta critique j’en peut plus… hâte à sa sortie 😀

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