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Jackson Scott – Melbourne

Jackson Scott, 20 ans, originaire de Pittsburgh, vit à Asheville en Caroline du Nord. Une ville assez pépère où le jeune homme a enregistré dans sa maison -située à Melbourne Street, d’où le nom de l’album-, sur un quatre-pistes, puis arrangé sur son ordi, son premier album. Méconnu il y a encore peu, Jackson Scott a eu le droit à la consécration puisque le magazine Pitchfork l’a remarqué et a élu That Awful Sound la Best New Music. Influencé par les Weezer à leurs débuts, Jackson Scott décrit sa musique comme étant de l’“apocalypse pop”. Ce à quoi j’ajouterais que c’est également du rock, du lo-fi et un peu de psyché.

Melbourne est un album court, environ 29 minutes pour 12 chansons. Personnellement, je n’ai jamais trop aimé les chansons “longues” (par là, j’entends plus de 3 minutes), bon après, cela dépend des “genres” musicaux… Mais en ce qui concerne le rock garage, je trouve que les morceaux doivent être brefs pour être appréciés comme il se doit.

Melbourne s’ouvre avec Only Eternal. Une instru sombre qui nous plonge directement dans l’univers de Jackson Scott. Je suis déjà séduite. S’ensuit Evie, c’est triste et gai à la fois. Ce morceau est une réelle douceur pour les oreilles. Le son est brut, sale, mais toujours très mélodieux. Ambiance rock psyché des années 60 avec Never Ever. Sandy est ma chanson coup de cœur. Sandy ou comment chanter un drame de manière tout sauf dramatique ! En effet, Jackson Scott chante là un sujet grave : la tuerie de Newton survenue à l’école primaire Sandy Hook en décembre 2012. Le morceau est frais, agréable. That Awful Sound est la chanson qui pourrait résumer l’album. “Awful”, dans le bon sens évidemment. Sur Any Way, la voix de de Jackson Scott est nasillarde, plus féminine. C’est entraînant, on a envie de danser.

Interlude instrumentale avec Wish Upon qui est la suite logique de Only Eternal. L’album se clôture aussi avec une instru : Sweet Nothing. C’est beau, c’est profond, ça transporte. D’ailleurs, je vous invite à écouter les trois instrus (celle du début, du milieu, et de la fin donc) à la suite.

Il a 20 ans, il l’enregistre tout seul de sa chambrette, il fait son petit bricolage, s’aventure dans  des arrangements approximatifs, et paf : du son crade mais pas trop, une voix androgyne… Voilà qui résume Melbourne ! Aucun bémol selon moi pour ce premier disque de Jackson Scott qui nous réserve quelques surprises comme Tomorrow qui se termine de manière brute ou encore le final de Any Way.

Melbourne  est  un  album  construit  mais  en  même  temps  maladroit,  imparfait,  empli  d’insouciance juvénile, et c’est ça qui fait son charme, et c’est ça que j’aime dans le lo-fi.

Jackson Scott – That Awful Sound

http://www.youtube.com/watch?v=mh_UIIcsvr8

Tracklist :

1. Only Eternal
2. Evie
3. Never Ever
4. Sandy
5. That Awful Sound
6. Tomorrow
7. Wish Upon
8. Any Way
9. Together Forever
10. In the Sun
11. Doctor Mad
12. Sweet Nothing

Fat Possum Records
Sortie le 9 septembre

2 réponses sur « Jackson Scott – Melbourne »

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