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XXL Live – Le Divan du Monde – 2012

Une fin de saison pour les concerts avant l’arrivée des festivals et une bien belle affiche proposée par Kongfuzi au Divan du Monde, malheureusement quelque peu ternie par le retard accumulé tout au long de la soirée.

En effet, à notre arrivée, on nous annonce beaucoup de retard, les balances s’étant terminées à l’heure annoncée au préalable du premier groupe.

C’est donc vers 20h30 que nous accueillons Farewell Poetry. Leur premier titre instrumental tend vers le post-rock mais c’est alors qu’arrive la chanteuse ; elle commence à déclamer son texte tandis que la guitare grince, aidée par un tournevis frottant les cordes. Rapidement, le rythme s’intensifie. Même si l’une des trois six cordes devient prépondérante, jusqu’à en devenir désagréable, le public semble apprécier l’intensité de ce début de set. L’importance des vidéos se fait de plus en plus sentir ; on assiste à la projection d’une série de courts-métrages loin d’être anecdotique puisque Farewell Poetry y collent leur prestation, créant ainsi un univers sonore et visuel à part entière. Parmi eux, on retiendra le docu animalier arty mettant en scène un rat blanc se faisant dévorer par un serpent, d’un goût douteux mais permettant, au moment ultime, de partager un instant intense avec les déflagrations de guitares.

Néanmoins, le sursaut sera de courte durée et le concert s’éternise, manque de vivacité et termine par nous ennuyer fermement pendant les vingt dernières minutes.
C’est donc avec une bonne heure de retard que nous accueillons les Français d’Aetherlone. Le chanteur arbore une voix qui n’est pas sans rappeler celle de Billy Corgan, ce qui est loin d’être désagréable mais le poids des influences est parfois un peu lourd et on frôle la singerie de Thom Yorke, vocalement et gestuellement, à certains moments. Même s’il manque le petit quelque chose qui rendrait le groupe passionnant, Aetherlone s’en tire plutôt bien. On peut supposer qu’avec un peu plus de maturité, le combo peut prétendre à une place de choix sur la scène sur la scène indie française.

L’attente pour XXL nous paraîtra ensuite interminable et l’heure et demie de retard accumulée viendra quelque peu ternir la motivation des spectateurs. Étrangement, ces derniers, a contrario du concert de Xiu Xiu plusieurs semaines auparavant au Point Éphémère, ne sont pas venus nombreux et le Divan du Monde paraît bien vide. Le split de Jamie Stewart, tête pensante de Xiu Xiu, avec Larsen, forme l’émulsion créatrice parfaite : la folie bruitiste du premier, le sens du rythme et de la mélodie du second. En résulte, une musique instable, syncopée, aussi dérangeante qu’un album de Xiu Xiu ; le consensuel  est loin et nous tendons plus vers l’abstraction, nous touchons la création la plus pure.

Malgré l’horaire tardif, nous ressortons du set bousculés, ravis d’avoir été transportés dans le cerveau dérangé de l’Américain.

Crédits Photos : Alan Kerloc’h

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