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Raffertie – Visual Acuity – EP

Quand on voit une photo de Raffertie, on se dit « Mon Dieu, où est-ce que je suis tombé ? » : un mec, un polo vert style pelouse synthétique, des lunettes de soleil, un look enfant très sage devant un cerisier en fleurs. On se répète deux ou trois fois qu’il faut se lancer et on enfin appuie sur le fatidique bouton play. Et là, c’est le drame. Visual Acuity, avec ses quatre titres, commet une hécatombe cérébrale. Rythmes entêtants, sons aigües à la limite du supportable… Mais le pire, c’est qu’on en redemande. Comme une espèce de drogue, ces quatre morceaux vous pénètrent le crâne et impossible de penser à autre chose pendant ce temps là, jusqu’à la fin du titre, qui laisse une drôle d’impression de vide auditif. Il manque quelque chose, le truc mou qui réside dans votre tête demande sa dose d’électro additive et lancinante.

Pour pallier à l’agression du premier morceau qui a donné son nom à l’album, le deuxième titre You could be forgiven for thinking that calme d’un coup toutes vos ardeurs junkies. Planant, aérien, ce morceau vous emmène loin, très loin de toutes vos petites préoccupations quotidiennes, c’en est relaxant. Benjamin Stefanski alias Raffertie, le petit nouveau de Ninja Tune, nous emmène ensuite jusqu’aux limites du conceptuel avec Twitch, à écouter bien fort sur de bonnes enceintes. Et enfin, Mimetic nous balance encore dans un autre univers sonore, qui par rapport aux autres morceaux de l’EP peut presque paraître… conventionnel. Une voix féminine, un beat, de l’ambiance club (mais attention, club hype !), ce titre permet un peu de redescendre de notre nuage halluciné. Ce Visual Acuity sent bon la maturité, et honnêtement, il rend un peu fou : c’est trop bon ! Espérons que cette hypnose musicale sera encore meilleure quand il sortira son album début 2012. En attendant, l’avant-goût fait vraiment plaisir.

Label : Ninja Tune

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