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Marina Celeste – The Angel Pop

Marina Céleste, une jolie voix derrière un pseudonyme énigmatique, sort son nouvel album, The Angel Pop. Mais qui es-tu, Marina ? Tout commence avec Marc Collin, celui qui avait envahi la scène musicale française avec la formation Nouvelle Vague il y a déjà quelques années, dénichant au passage plus d’un talent : Camille, Mélanie Pain… Aujourd’hui, c’est au tour de Marina Céleste d’émerger de ce vivier et de se faire un nom. Et pas n’importe lequel. Derrière ses féeriques sonorités, il cache une artiste multi-talents, à laquelle le journal le Parisien n’hésite pas à attribuer « une voix d’ange ». Après ses débuts en 2005 avec  « Acidulé » – un titre qui a laissé des traces sur cet opus – et un album reprenant les BO de films cultes des années 60, « Cinéma enchanté », Marina Céleste bascule ici entre pop et rock, entre nouvelle scène française et tubes en anglais, toujours avec grâce et talent.

Les rapprochements avec Emilie Simon (sur les morceaux « Too much » ou « Le Charme du diable »), Coralie Clément ou encore Keren Ann (« The Lovers ») sont tentants, et il est facile d’inscrire Marina Céleste dans la droite lignée de la nouvelle scène française, que ce soit au niveau des mélodies, des textes ou de la voix. Mais cette voix angélique ne se limite pas à un répertoire pop acidulé, bien au contraire. L’auditeur est d’emblée surpris par sa puissance sur le premier morceau, « Love is the first born », où elle peut facilement se mesurer à des morceaux punchy comme ceux de Ladyhawke. En plus de l’innocence et du rythme rock, Marina Céleste sait également composer une atmosphère feutrée et douce, comme dans « The Lovers », où le réveil de deux amants le lendemain d’une nuit d’amour est égayé de rires d’enfants.

A l’écoute, il est ainsi évident que Marina Céleste prend un plaisir quasi enfantin à transporter son public dans différentes ambiances, le déstabilisant tantôt de sa sensualité (« Frivole » ou « Orgasm Addict ») pour l’emporter soudain dans des chroniques rythmées, comme « Watching you naked » ou chantant les tracas du quotidien avec « Appartement, couleur du temps », sans oublier les tubes potentiels comme « Under the skin ». Alors certains pourront lui reprocher un manque de cohérence, mais après tout, l’ange de la pop n’est-elle justement pas totalement libre de toute entrave, suivant son propre fil ?

Et admettons qu’il serait dommage de bouder son plaisir face aux petites perles distillées tout au long de The Angel pop. Certes, quelques morceaux déplairont aux ennemis de la chanson française d’aujourd’hui (« Appartement, couleur du temps » ou « La Corde raide ») en ce qu’ils respectent les canons actuels de la nouvelle scène. Mais pourtant, quel talent quand Marina Céleste emprunte les chemins plus inattendus du rock ! Difficile en effet de résister à « Love is the first born », qui, l’air de rien – l’introduction prépare le tube en douceur – rentre dans la tête pour ne plus en sortir. Ultra entraînant, ce morceau est parfaitement maîtrisé par la chanteuse, usant tour à tour de sa voix acidulée, presque enfantine, comparable à la chanteuse de Sixpence None the Richer, puis passant à la pop-rock pure et puissante. Un cocktail survitaminé auquel peu pourront résister. « Under my skin », quant à lui, a bénéficié du privilège du vidéoclip. Et c’est mérité. Cet autre tube en puissance nous fait profiter du côté feutré et charmeur de la voix de Marina. Mais attention, rien de soporifique ici ! Le refrain confirme un rythme là encore marqué, et les arrangements musicaux soignés parachèvent ce petit bijou. A écouter, pour profiter encore des trouvailles de Marc Collin …

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