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Big Fox – Big Fox

Le disque de cette jeune scandinave nommée Big Fox tente le pari bien dans l’air du temps d’un disque de « pop de chambre » (chamber pop), ni vraiment piano-voix  mais surtout pas en configuration made in rock : guitare, basse, batterie. 

Quelque part dans le sud de la Suède, un producteur, la maison de disque et probablement Big Fox elle-même ont pensé que des entames de chanson au piano, relayées par des violons et du xylophone aux moments opportuns, constitueraient le meilleur écrin pour cette belle voix qui tente d’exprimer des moments de spleen, surtout, et de fantaisie.

De l’autre côté des baffles, l’auditeur que je suis perçoit l’image d’une jeune femme « pas encore installée dans la vie» qui écrit de la poésie. L’amour demeure encore un rêve. Quand Big Fox se sent d’humeur à célébrer les premiers rayons de soleil du printemps, elle attache ses longs cheveux en un chignon bancal et enfile sa capeline rouge pour se promener le long d’un lac bleu miroir où se reflètent des nuages blanc cotonneux.

Toutefois ce traitement sonore relativement épuré, semi orchestral, semi pop, révèle les pesanteurs, coquetteries et préciosités des arrangements, les tics vocaux et des mélodies plutôt statiques, figées et assez mornes.

‘I’m Stuck on Repeat’ chante t’ elle sur Tired, l’une des rares chansons lentes du disque suffisamment forte pour supporter sans dommages l’arrivée éléphantesque des violons (« attention : émotion !! ») ou du xylophone  (« attention : ironie ! grâce ! »).

Big Fox et son entourage se sont trompés de rythme sur cet album comme l’atteste la réussite de Boring Ones, bien enlevée sur un tempo impulsé par un séquenceur synthé, rapide, même le chant parait bien plus animé, plus vivant que sur les deux tiers du disque.

Admirer Cat Power et Feist, comme elle le confie à la presse, explique probablement en grande partie le manque de substance, d’accroche, de ce que j’entends sur ce disque.

D’une certaine façon il me parait dangereux de s’inspirer de musiciens qui nous sont presque exactement contemporains, déjà inspirés par au moins deux générations d’artistes qui les précèdent, car l’étincelle et l’originalité présentes chez les pionnières sont passées par beaucoup de filtres pour lui parvenir.

Quand on pense comme moi que Cat Power ou Feist n’ont écrit à elles deux qu’une poignée de bonnes chansons (Inside and Out étant une reprise des Bee Gees), on peut espérer que la jeune suédoise fera un tour au rayon « oldies » de sa médiathèque locale avant d’écrire ses prochaines chansons.

Big Fox – Saturday :

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