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The Damned Rock’n’roll Party – GBH + Banane Metalik + Peter Pan Speedrock – Glazart – Février2010

En ce dimanche frileux de février, rendez vous est donné dans la si agréable salle du Glazart pour assister à l’un des évènements punk de l’année : « The Damned Rock’n’roll party ».  Afin d’honorer le retour sur nos planches parisiennes de l’une des icônes du mouvement punk anglais, force est de constater que les crêtes se sont données rendez-vous en masse.

La programmation prometteuse de cette soirée a su attirer la foule et faire ressortir de leur tanière tous les punks de la capitale. Dés notre arrivée près de la Villette, nous savons que  la soirée ne sera pas axée sur la poésie et la délicatesse.

Les hollandais de Peter Pan Speedrock viennent nous confirmer cette impression avec leur heavy/punk sentant bon la sueur. Le groupe ne fait pas dans le détail et nous envoie un bon gros rock proche de Motorhead. La voix du chanteur nous rappelle en effet fortement celle de Lemmy Kilmister et fait preuve de la même lourdeur et efficacité pour nous mettre dans l’ambiance. L’ensemble est très puissant mais manque d’un peu de variété et d’originalité pour vraiment nous scotcher. Le public semble plutôt adhérer au début mais retrouve vite le chemin de la buvette. Celle ci aura par ailleurs été pour beaucoup le principal attrait de cette soirée, et y accéder constituera  notre plus bel exploit de la soirée.

A peine le temps de se faire servir, que les français de Banane Metalik investissent la salle dans un tout autre style. Ceux-ci présentent leur musique comme étant du Gore’N Roll, à savoir un mélange de Gore dans la mise en scène et les ambiances et de Rock ‘n’Roll au niveau sonore !!

Dés leur mise en place, on commence à comprendre ce à quoi nous allons être confrontés. En effet, les musiciens portent chacun des vêtements déchirés et sont maquillés tels des zombies et autres monstres sortis tous droit des films d’horreur des années 70. Leur décor composé de vieux draps ,d’une tronçonneuse et autres ustensiles encore plus kitchs, contribuent à donner à l’ensemble un vrai côté « Film de série Z », renforcé par des introductions qui paraissent inspirées des bandes sons de  Tim Burton. Si tout le carnaval est utilisé par beaucoup de groupes pour masquer l’essentiel ,force est de constater qu’il apporte ici un vrai plus, en soutien d’un punk rock/alternatif des plus efficaces. Qu’il est agréable de retrouver sur scène une énergie et un bordel dignes des Béruriers noirs et autres descendants. Les 5 bretons emmené par leur chanteur diabolique, Ced, savent s’y prendre pour entrainer le public dans leur transe, bien aidés dans leur tâche par leur « go-gore » danseuse ultra sexy, malgré ses allures et ses accoutrements de zombie. Les paroles toujours très poétiques (« I just want to lick your pussycat, Strip or die »,..) contribuent à cet ambiance de bordel organisé.

Même si, musicalement, leurs compositions n’ont rien inventé et si leur son manque cruellement d’intensité, il faut avouer que  nous pénétrons pleinement  dans leur univers à la fois chaotique mais pourtant toujours très pro et maitrisé. Nous éprouvons exactement le même plaisir qu’un adolescent qui découvre le monde merveilleux des nanars de séries Z, tels que « l’attaque de la Moussaka géante, ou des tomates tueuses. »

Après ce grand moment de n’importe quoi, place aux cultissimes GBH, de retour chez nous afin de nous prouver qu’ils sont bien l’un des plus grands groupes de punk de l’histoire. Pour les plus jeunes,  sachez simplement que ce Quatuor emmené par Colin Abrahall, fait partie des légendes du punk hardcore britannique, au même titre que « Discharge » ou « The Exploited ». Dés les premiers accords, Colin semble déchainé et provoque un pogo des plus violents dans la fosse, notre photographe Brian y ayant laissé un objectif. Même si le groupe semble motivé pour nous faire revenir 20 ans en arrière, force est de constater que leur son a plutôt mal vieilli. En effet, l’ensemble manque globalement de puissance et même des titres aussi efficaces que « Race against Time » ou « Time Bomb », ne parviennent pas à faire vraiment décoller le concert. Au fil des minutes, le groupe semble même se lasser et perdre de sa fougue. Il n’y a cependant rien à redire sur le professionnalisme des 4 brits, chose plutôt rare pour cette génération d’artistes, les morceaux s’enchainant à toute vitesse sans temps morts. Malheureusement, pour un groupe de cette trempe, il manque le charisme et la fougue qui entrainerait tout le public dans un bordel digne des plus belles années du mouvement.

Colin ne ménage pourtant pas ses efforts pour réveiller les morts, mais malheureusement pour lui , son son n’a pas gardé toute la fraicheur des années 80. Au bout d’une heure de show plutôt efficace mais manquant grandement de folie, GBH aura assuré le strict minimum, chose déjà pas si mal  pour un groupe ayant plus de trente années d’existence.

Crédits photos : Brian Ravaux

3 réponses sur « The Damned Rock’n’roll Party – GBH + Banane Metalik + Peter Pan Speedrock – Glazart – Février2010 »

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