Catégories
Live reports

Mad Sin Live – Glazart – 2013

Seule la lumière bleue vacillante de son ordinateur éclaire sa chambre. Le son des ennemis agonisant et d’un black métal furieux brisent le silence de son appartement. Concentré, il étripe des hordes de démon dans un monde virtuel et gothique. Son portable s’illumine faisant vibrer son bureau en un bruit sourd.  Il le saisit et lit le sms qui s’affiche sur l’écran rétroéclairé.-Hey ! Comment vas ? Dis-moi ça te dis un petit concert de punk ce soir ? Il reste pensif quelques instants. Ce style n’est pas vraiment celui qu’il écoute à l’accoutumée. Mais il reste ouvert à de nouvelle découverte – Allez, pourquoi pas. – Cool. RDV ce soir à 19h au Glazart, porte de la villette. Il repose le petit objet après avoir regardé l’heure. Il à juste assez de temps pour terminer sa partie.

Le froid glacial de cette nuit vient mordre sa peau avec force. Malgré son long manteau de cuir noir il frissonne. Il allume une cigarette qu’il déguste lentement, en observant la petite foule amassée devant la salle. Tous les styles sont présents, du jeune bobo parisien pseudo rebelle, au vieux punk convaincu pour qui cette musique se vit avec ses tripes et n’est pas simplement un style vestimentaires. Ce melting pot le fait sourire, mais il se demande tout de même dans quoi il s’embarque. Il sursaute en sentant une main se poser sur son épaule. – Putain tu pourrais prévenir ! – Oh c’est bon, je déconne. Tu vas bien ?- Ca va et toi ? – Carrément mon vieux. Attends on voit MAD SIN ce soir ! A sa différence son ami est très ancré dans le monde Punk. Rangers, treillis et manteau en cuir orné de clous recouvrent son corps tatoué à l’effigie de  groupe culte du mouvement. Le contraste de ces deux mondes underground l’a toujours amusé.  Les portes s’ouvrent enfin et ils se joignent à la petite assemblée qui pénètre dans la salle. À peine installés il ne faut que peu d’attente avant que le premier groupe n’entre en scène. Le petit quatuor français se met doucement en place. L’imagerie Punk qu’ils veulent véhiculer est appuyée par le bassiste et le leader tout deux torses nu. Les mouvements de ce dernier semblent désarticulés et ses yeux brillent d’une lueur de bière et d’autre substance. « Salut à tous !!! On est le groupe Dead Boobs et on est là pour faire du Rock’n’roll !!! » Chaque mot semble appuyé par le chanteur afin d’être bien compris malgré son état d’ébriété avancé. Leader bourré, nom vulgaire et sans intérêt, cela ne lui dis rien qui vaille.

Le set démarre tout comme la catastrophe. Le son est pourri, les balances mal faites et la voix inaudible. Ajouter à ça la guitare du chanteur qui se coupe de maniéré intermittente et la sangle de l’instrument qui  ne la maintient que 5 minutes au maximum. Les titres ultra répétitif s’enchainent de manière chaotique et ne sont en rien rattraper par les amis du groupe qui montent sur scène pour les accompagner sur des refrains navrant de stupidité comme « hippies tu pues » ou encore « les patrons c’est des enculés». Il observe, affligé, ce spectacle ahurissant de stupidité. – Putain … soupire-t-il. Dis-moi mon grand c’est quoi cette bande de branque qui a oublié qu’en plus de leurs potes il y’avait d’autres personnes dans le public ? – Oh t’es sévère ! Ça reste marrant. – Mouais … si on aime l’humour bas de plafond. Les quatre compères terminèrent leur set dans une  ambiance assez froide, à peine réchauffée par les vociférations de leurs deux amis. Il tente de se rassurer en se disant que ce n’est que la première partie et que la soirée ne peut descendre plus bas. Quelques minutes plus tard le second groupe se met en place. Une nouvelle fois un quatuor français mais qui a l’avantage de compter en son effectifs la star du punk français : Didier Wampas. Bien qu’il ne soit pas un grand fan de ce style il connaît les qualités du monsieur. Cela le rassure et il se dit que ce groupe doit en valoir la peine. Mais il ne suffit que des premières notes pour que ses espoirs disparaissent. Un soupir se dégage de ses lèvres. Malgré une énergie sympathique et communicative le groupe a exactement les mêmes défauts que son prédécesseur. Des balances mal faites, des textes passant de la stupidité à la mièvrerie la plus totale et une chanteuse, Florence Vicha, incapable d’aligner deux notes sans sonner faux. Il voit, une nouvelle fois devant lui une bande de potes au milieu de leur garage. La fin du set est chaotique. Les quatre compères de Dead Boobs aillant la bonne idée de les rejoindre pour chanter à tue-tête une simple phrase « car c’est toi, oui c’est toi, oui c’est toi que j’aime encore » durant un temps qui lui semble une éternité. – Mais c’est quoi ce truc ? demande-t-il à son ami dansant à ses côtés. – C’est Didier Wampas mon pote ! Didier Wampas quoi ! – Et alors c’est peut-être Didier Wampas mais ça n’empêche pas que c’est carrément mauvais ! Son ami le dévisage et lui lance un regard désapprobateur semblant lui dire « Putain t’es pas marrant ! »

Ils sortent tous deux fumer une cigarette et boire une bière. L’alcool descend doucement dans sa gorge desséchée. Il lui fallait bien ça après ce qu’il avait vu. – Alors c’est quoi le dernier groupe ? – Je te l’ai dit tout à l’heure. C’est Mad Sin et en plus c’est leurs 25 ans de carrière. Je te le dis ça va être énorme.-Ok je te fais confiance. Lui répondis sur un ton légèrement ironique. Leurs bières à peine terminées le quintet allemand prend place sur scène. À  la vue de la contrebasse électrique ses yeux s’écarquillent.  Énorme pense t’il. Il ne s’attendait pas à avoir un tel instrument dans ce style de musique. Les musiciens prennent place les uns après les autres sous les joyeuses acclamations d’une salle pleine. Le chanteur, Koeffe Deville, masse impressionnante de chair et de tatouages motive par quelques mots le public déjà chaud bouillant. Le groupe entame alors un set de très bonne facture par Speak no Evil dans une bonne humeur générale. Les musiciens assurent, maîtrisant leurs instruments à la perfection. Les balances, à la différence des groupes précédents, sont parfaites. Chaque partie se fait très audibles et le plaisir qu’il a à découvrir ce groupe n’en est que décuplé.

Pour leur première date en France les germains assurent. Koeffe et Valle, le bassiste, s’essayent même à quelques mots de français. Valle s’en sort avec les honneurs, montrant qu’il maitrise, parfois avec brio, la langue de Molière. L’ambiance devient de plus en plus folle au fur et à mesure du set et il ne peut s’empêcher d’headbanger sous les riffs barrés du quintet. Pour leur 25 ans le groupe a mis le paquet, enchainant les « hits » comme « CURSED », « TO WALK THE LINE »  ou encore leur « cover » d’Eric Calpton « I SHOT THE SHERIF »  et « 9 Lives », avec fluidité et maitrise pour le plus grand bonheur des fans présent. Un sourire se dessine sur ses lèvres lorsqu’il voit son ami arpenter la foule en un « slam » déchaîné. Le plaisir du groupe est extrêmement communicatif et il rit à gorge déployée lors des interventions de Koeffe, qui agrémente de ses vannes le passage des différents morceaux. Le set s’arrête malheureusement assez vite après une heure quinze de psychobilly déjanté, interprété par des musiciens l’étant tout autant.

A la sortie, cigarette à la bouche, il retrouve son ami. Il à laisser tomber son manteau malgré le froid et son corps ruisselle de sueur.-Alors t’en as pensé quoi ? lui demande-t-il-Franchement … Je me suis carrément éclaté. Tu as bien de me faire venir. – Alors tu me suis à l’after à Ménilmontant ? – Je vais passer mon tour. Je suis crevé. – Ok comme tu veux.Ils se saluent une dernière fois avant de se séparer. Son ami court vers le métro pour rejoindre le groupe de punk qui se dirige vers la soirée en compagnie du groupe. Il reprend son chemin avec le sourire, les riffs allumés dans la tête. Un rire déforme ses lèvres alors qu’il repense aux blagues de Koeffe.

Chronique Guillaume Baille – Crédits photos : Brian Ravaux


21 réponses sur « Mad Sin Live – Glazart – 2013 »

Cher Guillaume, j’ai un problème: Je suis 100% d’accord avec ce que vous écrivez sur le concert de Sugar & Tiger ce soir-là . Or j’en suis la chanteuse. Que faire?

Bonjour, quant à moi je suis le chanteur des Dead Boobs et je voudrais dire que déjà, je n’étais pas bourré comme le dit Guillaume Baille. Mais ça n’est pas le plus important.
Florence, faut savoir que ça reste une critique de concert, ça critique une demie heure précise de la vie du groupe et pas du tout le groupe en lui-même.
Et le mec est critique, pas artiste (ou en tout cas pas à ce moment-là) donc faut pas lui demander de conseils. Les trucs comme quoi tu chantes faux et que les textes sont pourris, faudra t’y habituer, et ça plaira à qui ça plaira. Faut pas changer pour plaire aux gens, faut faire des concerts pour que les gens qui aiment ce style découvrent le groupe. Il a donné son avis subjectif qui reste ce que lui a ressenti pendant nos concerts.
En tout cas moi j’ai vu des gens qui étaient à fond pendant les Dead Boobs et pendant S&T, c’est l’essentiel.

Quant aux Dead Boobs, je crois, comme je l’ai dit sur facebook, que Guillaume Baille n’a pas saisi le second degré de certains textes.
Et je voulais réagir à la phrase « Dis-moi mon grand c’est quoi cette bande de branque qui a oublié qu’en plus de leurs potes il y’avait d’autres personnes dans le public ? »
Merci pour les insultes qui sont signe d’une bonne critique. Alors, on a remarqué que yavait pas que nos potes dans le public, mais on a joué comme d’hab, c’est pas parce que ya des gens qu’on connaît pas qu’on doit faire autrement. Justement, on est naturels et ça attirera les gens qui aiment ce genre de musique et d’attitude, etc. On est pas là pour gagner le coeur de tout le monde, mais plutôt pour faire connaître notre groupe à des gens qui sont susceptibles de l’aimer.
Bizou

Cher Monsieur Baille, Florence, et Jean Louis.

Je suis le nouveau bassiste de Dead Boobs. Je n’étais pas présent au concert de Mad SIn. Je ne peux pas apporter ma critique. Ce que je sais, c’est que Dead Boobs est un groupe qui ne se prend pas la tête. Ils écrivent des textes simples et sympa. Y’a pas d’arpège, y’a pas de contrepoint, y’a pas 20 000 effets. Alors ta critique, je me torche un peu avec. Si t’es habitué a voir des concerts de punk, tu comprendras mon point de vue. On est d’abord la pour kiffer. On répète le soir et on joue le week-end. C’est pas un boulot, c’est un hobby, ptet même une passion. Ta critique j’en ai rien à foutre. Salut.

Die Dead Boobs und Sugar & Tiger sind gutes Musik Band. Ich mag sieh gern. Du bist Wrong.
Kiss.

Eliott, faut pas s’énerver comme ça, c’est son avis. Il dit pas que c’est une vérité universelle. Enfin j’espère.

A propos de qualité des textes, IL(?) serait opportun de changer de sujet… (l’impossibilité du il)

ça fait bizarre, le “il” tout au long de ce texte (en même temps, en écrivant “je” partout, ça ferait encore plus amateur). Mais il vaudrait mieux réécrire le tout en n’écrivant ni “je” ni “il” (enfin, le “il” quand Guillaume Baille parle de Guillaume Baille). Et tout le paragraphe d’avant-concert est encore moins intéressant. Il faut parler uniquement du concert lui-même, pas de l’avant ni de l’après. Mais bon.

Bonjour,

Je me suis rendu à ce concert en accompagnant un ami et je trouve la critique un peu dure.
Ce que j’ai le moins aimé du premier groupe est peut être leur nom. J’ai trouvé le bassiste avait l’air d’un personnage de BD, genre Harry Cover, à la fois mignon et doué. Le chanteur, intemporel, avait le génie d’interprêter un courant musical daté avec un naturel déconcertant et ça on l’a ou on l’a pas. J’ai trouvé ça beau et il ne m’a pas semblé saoul. J’ai enfin aimé le batteur décalé et avec le guitariste, tout l’ensemble collait pas mal. La musique était peut être basique mais bien interprêtée pour accompagner des textes de qualités (enfin j’ai pas tout entendu mais j’ai ri plusieurs fois).

J’ai aimé Sugar & Tiger pour ce qui n’a pas été aimé dans la critique : La nana était stylée et chantait des chansons auxquelles j’ai pu m’identifier facilement (je suis une fille). J’ai été sensible à ce qu’elle souhaitait transmettre, la légèreté et le fait d’apporter quelque chose qui lui était propre et que j’ai aimé. Didier Wampas a assuré et les jeunes l’accompagnant étaient mignons et pas mauvais musiciens du tout. L’ensemble était original et ça, j’ai adoré.

Par contre j’ai pas trop aimé les gros allemands à la fin, ils m’ont fait peur.

Je révise mon jugement, tu as le droit de ne pas aimer, et je pense que j’en ai rien à foutre. Si t’aimes pas le punk, tu vas pas aimer les groupes de punk.
Cependant, tes insultes tu peux te les foutre au cul. Ainsi que les allusions comme quoi je serais bourré et drogué. Tu m’as vu une demie heure, donc ne parle pas de ce que tu ne connais pas, surtout quand c’est pas vrai et que ça n’apporte rien à ta critique.
Moi je t’ai lu, j’ai trouvé que tu ne savais pas écrire, tant au niveau syntaxique qu’au niveau grammatical/orthographique, et j’ai trouvé que ça n’était pas un motif valable pour te traiter d’illettré. Alors s’il te plait, quand tu me vois bouger difficilement et avoir du mal, ne pars pas dans des conclusions hâtives basées sur les idéaux-types du punk-rock comme la bière, la drogue, le rien à foutre. Demande toi plutôt si quelqu’un qui monte sur scène ne serait pas exposé au stress, à des problèmes techniques et à des choses comme ça.
Je pourrais te sortir des réponses toutes faites comme « Ah, tu trouves que nos chansons sont nulles, t’as qu’à en écrire et on verra, gros con » ou « Tu critiques parce que tu ne sais rien faire d’autre parce que t’as jamais rien réussi dans ta vie alors t’es jaloux des autres », ou encore « Tu te caches derrière ton ordi pour critiquer parce que t’as pas les couilles de parler en face, tu es sûrement un handicapé social avec un tout petit sexe » et j’en passe. Je pourrais utiliser la simplicité vu que c’est de ton niveau, mais là est la différence entre toi et moi.
Si je peux te donner un conseil, la prochaine fois que tu vas à un concert, si tu n’aimes pas le groupe, tu peux aller au bar, ou fumer une clope, ou faire des trucs comme ça, tu n’es pas obligé de rester pour subir et te défouler sur ton clavier par la suite.
Et puis écrire à la troisième personne… Faut arrêter ça.
Bizou.

Ah oui et à force de parler de toi en disant « il », on sait pas si tu parles de toi ou de quelqu’un sur scène ou dans le public, ou Alain Delon. Fais gaffe à ça.

Il me semble que le « il » est, dans le cas présent, une licence poétique

Les Dead Boobs jouent le 23 février à la Scène Bastille avec les 3 Fromages, et ça va être trop bien !!! Venez ! Youpi !
Guigui tu n’es pas obligé de venir en revanche, tu risques de pas aimer.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *