Catégories
Chroniques

Les Shades – Herbes Amères

J’étais allègrement parti pour chroniquer les proto Strokes-Velvet londoniens à la mèche bien en place nommés The Shades, mais je ne crois pas ,avoir perdu au change après l’écoute d’ Herbes Amères, le dernier album des parisiens (peu) connus sous le nom Les Shades.

Comment revendiquer aujourd’hui une certaine naïveté, les formes d’une fausse légèreté aux intonations sixties tout en sonnant résolument contemporain avec ce mur de guitares manucurées par la technologie des studios ?

Les Shades  apportent ici une réponse aux fondements solides, jouant avec quelques références choisies ( riff Hendrix, orgue Question Mark and the Mysterians) sans les laisser phagocyter leur inspiration, ce ton, cette façon d’habiter avec un peu de désinvolture un uniforme power pop bien coupé à la Nada Surf.

Un pied dans chaque époque, leur approche me paraît représenter une alternative de celle de The Stranglers époque La Folie qui recyclaient les oripeaux psychédéliques pour insinuer leur jubilation ambiguë, teintée d’un cynisme subtil.

Le chant, situé entre Jean Louis Aubert et les anglais Brit Pop, souvent doublé, gorgé d’écho, se retrouve fondu dans un son dominé par les harmonies entre guitares et basse, ça me repose un peu d’échapper à l’hégémonie des voix qui règne sur les robinets à clips actuels.

Les Shades trouvent la plupart du temps des riffs de guitare solides, des mélodies correctes, même si l’ensemble ne dépasse jamais le niveau d’une agréable série B.

Parfois les guitares âpres appuient avec force (1989, Dernier Cri) ou bien des choeurs monosyllabiques préparent remarquablement l’ arrivée du refrain (La Caverne).

Bref pas mal de petits éclats de savoir faire, et les bribes des paroles que je perçois dévoilent des émois pudiques de jeune homme post moderne.

Non pas une révélation musicale mais un disque où un parfum résolument hexagonal, cultivé et un peu poétique, imprègne sans dénoter la vulgate d’un rock anglo saxon pas trop bovin.

Les Shades – 1989

2 réponses sur « Les Shades – Herbes Amères »

Régis Cuillerat: donne moi de tes nouvelles, vieux brigand!
Salut
Régis

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *