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Julia Stone – The Memory Machine

Parlons un peu de Julia Stone et de son album « The Memory Machine« , si ce nom vous dit quelque chose, c’est parce que vous n’avez pas pu passer ces derniers temps à côté d’Angus&Julia Stone, un groupe composé d’un frère et d’une sœur aux chansons des plus envoûtantes. Et comme ça ne leur suffisait pas d’être brillant à deux, ils ont décidé de pousser la chansonnette chacun de leur côté. Et pour l’Australienne, qui au départ, ne souhaiter par commercialiser son album, c’est une pure petite merveille de douceur et de tristesse…“Les Fleurs du Mal” version Julia Stone…

“Attention, certaines scènes de ce film peuvent choquer et heurter la sensibilité de certains”, serait la mention qui irait parfaitement avec la peinture de Caroline Pedle illustrant la pochette de l’album, digne d’une scène de films d’horreur, des films qui perturberaient Julia… Mais dans ce cadre-ci, la mention la plus adéquate serait : “Attention, certaines chansons de cet album peuvent déprimer et heurter la sensibilité de chacun.” Accompagnée de “Même si, dans la vie, la plupart des choses sont tristes, c’est un bon moyen de grandir”. Et oui, quoi de mieux pour Julia d’exorciser ses souffrances au travers de ses textes poétiques.

Avec son premier album solo, Julia Stone nous plonge donc dans son intimité, dans une partie de ses mémoires (non sans rappeler le titre de l’album…). Une voix teintée de noir, à la fois sensuelle et profonde. Une voix fragile qui nous fragilise…

Avec “This Love”, on est très proche du “Angus&Julia Stone”, et on se demande même pourquoi Angus n’est pas présent. Mais de suite, avec “My Baby”, une chanson poignante à la beauté dramatique, on plonge dans l’univers de Julia et on oublie Angus aussi vite qu’il était arrivé. Au bout de 2 minutes, sans s’en rendre compte, on se retrouve même en train de chantonner “You’re always be my baby”. Et dans “Winter On The Weekend”, on se retrouve encore une fois à fredonner “Daddy why don’t you protect me, somebody is going hurt me, there’s nothing i can do…”. Car l’album de Julia est profondément entraînant. Avec “The Memory Machine”, Julia résume en une chanson ce qu’on aimerait tous, à certains moments : une machine qui nous permettrait d’effacer l’absence de certaines personnes qui nous sont chères et qui nous manquent tant… Oui, je vous l’avais dit, l’album surfe sur la tristesse et la mélancolie. On est dans le murmure, dans la sphère de l’intime d’une Julia en proie à ses peurs passées qui nous rappellent les nôtres. À ce niveau-là, on commence à avoir une petite boule au ventre qui se forme. Mais hop, quelques petits riffs jazzy avec “Catastrophe”, et elle est comme envolée ! Puis, avec “Maybe” et “Light Inside This Dream”, on replonge progressivement du côté obscur… Mais une nouvelle fois, avant qu’on commence à sombrer nous aussi dans les méandres tortueux de notre esprit, “What’s Wrong With Me” vient à notre secours, mais uniquement dans la mélodie. Car pour les paroles, on est paroxysme du désespoir et on a presque envie d’y laisser quelques larmes… L’album se finit sur deux ballades, toujours au timbre léger, ce qui rend les chansons moins pesantes, avec “Horse With The Wings” et “Where Does the Love Goes ?

Néanmoins, un seul léger bémol subsiste à la fin de l’écoute : le côté sombre est peut-être trop poussé à l’extrême. En gros, si vous n’avez pas le moral au plus haut fixe, il sera encore au plus bas à l’écoute de l’album… Mais, vous en ressortirez apaisé et non torturé et nauséeux.

On va dire que c’est de la bonne douleur, une douce amertume…

Label : Discograph – Sortie : Janvier 2011

2 réponses sur « Julia Stone – The Memory Machine »

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