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Iggy Pop and the Stooges Live – Casino de Paris


L’an dernier, Pression Live, la branche événementielle de Kronenbourg, faisait jouer, pour un concert privé, Jamiroquai. Cette année, ils remettent ça avec pour invités, le temps d’une soirée, Iggy and the Stooges, une affiche plus qu’alléchante.

Un peu avant 20 heures, la foule s’amasse déjà devant le Casino de Paris et les chanceux ayant gagné leur place pour la représentation très privée de ce soir ont le sourire aux lèvres. Passé le hall toujours aussi impressionnant de classe, nous nous dirigeons vers les gradins pour découvrir une décoration relativement sobre pour l’événement ; hormis les bannières rouges et blanches à l’effigie de la marque de boisson au houblon et les quelques instruments déjà installés sur scène, le tout est assez dépouillé, comme pour laisser encore plus de place à l’Iguane.

Après quelques péripéties pour tenter d’obtenir une bière impossible à acheter (un comble avec un tel sponsor !), nous attendons impatiemment l’arrivée des Stooges. Pas de première partie, aucune mise en bouche et autant dire qu’il va falloir que le groupe démarre pied au plancher pour satisfaire les nombreux fans présents dans la salle.

C’est aux alentours de 21 heures que les Stooges feront leur entrée et d’emblée, le contraste entre les membres bedonnant et vieillissant et un Iggy fringuant est plus que frappant. Quoi de mieux pour démarrer ce concert qu’un petit Raw Power suivi d’un Search and Destroy ? Dans une cadence infernale, le groupe décide de s’attaquer dès le début aux choses sérieuses et que les spectateurs se rassurent, le déhanché d’Iggy n’a pas pris une ride. Son corps musculeux et bronzé ondule au rythme des riffs punk de la grande époque. Comme à son habitude, il est surexcité, saute un peu partout, joue avec le public et l’invite même à faire une « fuckin’ riot » sur scène au bout d’à peine dix minutes de set.  L’anarchie est cependant savamment contrôlée par une flopée de gorilles gardant un œil avisé sur la marmaille sautillante. Lorsque retentissent les premières notes de 1970, on frôle l’apoplexie : le bassiste se frotte langoureusement contre son ampli, Iggy se renverse des bouteilles d’eau sur la tête avant de se jeter dans le public et là, on se dit que n’est pas Iggy Pop qui veut ; le charisme, ça ne s’invente pas, c’est inné et l’Iguane a bel et bien reçu ce don, qu’il cultive admirablement. A ce moment, on oublie les récents dérapages musico-publicitaires du monsieur pour se focaliser sur la plus belle partie de sa carrière, celle remontant à près de quarante ans déjà, à l’époque où il faisait du punk avant même que ce dernier ne soit encore nommé. On savait que l’on n’y échapperait pas, I Wanna Be Your Dog est entonnée alors que nous commencions à nous perdre dans nos pensées et le titre fait écho à l’image que renvoie le leader : il fait le show et jubile d’être admiré, applaudi et il en redemandera même le temps d’un rappel où tous les espoirs sont permis : un passage par Penetration, puis No Fun avant de tomber dans les « classiques » et dispensables titres solo tels que The Passenger.

Le temps de se renverser une cannette de bière à son effigie sur la tête et c’est déjà terminé.

Iggy and the Stooges ont réussi ce soir à tenir le pari fou de mettre en effervescence un plein Casino de Paris avec des titres plus vieux que la moyenne d’âge des spectateurs en présence. Entre cadre en costard sortant du bureau, jeune loup en mal de pogo et fans incontestés du groupe, l’ambiance était à son paroxysme pour une représentation de Mr Iggy Pop dans toute sa splendeur.

Crédit photo : Philippe Mazzoni

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