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Cloud Nothings – Attack on Memory

Cloud Nothings est avant tout l’œuvre d’un (jeune) homme : Dylan Baldi, rejeton arborant la vingtaine ; il signe aujourd’hui son troisième album, Attack on Memory et compte bien se faire un nom parmi les groupes revival 90’s en vogue (Yuck en tête de liste).
Pour la première fois de sa carrière, il a enfin délégué certains instruments pour former un vrai groupe et non plus un one man band. En résulte un son plus étoffé, sentant bon les chemises de flanelle à carreaux, les jeans troués et les Converse. En maître de cérémonie, Steve Albini (Monsieur The Pixies, Nirvana et autres monstres des 90’s) apporte sa patte si particulière qui a tant marqué l’adolescence des trentenaires.

Oublié le son lo-fi crade des débuts, Cloud Nothings optent cette fois pour une production très primaire, voguant entre grunge, power pop et garage. Néanmoins, résumer cet album à une liste d’influences et de pastiches serait réducteur ; s’il ne redéfinit aucun code musical, Attack on Memory réussit à ne pas ennuyer l’auditeur en faisant l’apanage d’une musique connue et déjà entendue.

L’entame sur le formidable No Future, no Past pose l’intemporalité de leur art. Ce morceau magistral scelle à lui seul le sort du groupe. Les guitares sont abrasives et rugueuses, ça frappe sur les toms et le chant nous prend aux tripes au fur et à mesure qu’il se fait plus éraillé pour terminer dans un cri lointain digne de Black Francis. Répétitif et sombre comme du post-punk, il nous laisse ébahi, impatient d’en entendre plus, de continuer à monter en intensité… ce qui sera chose faite avec les neuf minutes de Wasted Days. Sur un début faussement léger, le morceau tend vers l’instrumental avec un son lourd. Les solos de guitare ne sont pas un énième exercice technique ; ici, on joue plus sur l’ambiance que sur la dextérité à manier les instruments et le résultat est sans appel. Cependant, Attack on Memory recèle les défauts de ses qualités : lorsque Baldi fonce, tête baissée, vers la légèreté, on se retrouve avec des titres College Rock à l’instar de Fall in et là, c’est nettement moins intéressant. Car c’est bien lorsqu’ils se font rugueux que Cloud Nothings sont les meilleurs, et No Sentiment vient une nouvelle fois nous le prouver.

Fugazi, Dinosaur Jr et autres Pixies ont bel et bien trouvé une descendance mais pour égaler les plus grands, Cloud Nothings vont devoir faire preuve d’un peu plus d’audace. S’ils sont convaincants à certains moments, ils sombrent parfois dans une superficialité qui ne leur sied guère. Néanmoins, pour les quelques perles qu’il contient, on ne pourrait bouder Attack on Memory.

Tracklisting

01. No Future, no Past
02. Wasted Days
03. Fall in
04. Stay Useless
05. Separation
06. No Sentiment
07. Our Plans
08. Cut you

1 réponse sur « Cloud Nothings – Attack on Memory »

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