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Webbafield Feat Phonk Addiction – Carré d’Iks & Guest – Live – octobre 2009

Webbafield-live

Samedi 10 octobre, foot, France-Féroé : 5-0,  hip-hop, France-USA: 1-1 …

Le centre d’animation de Place des Fêtes dans le 19e accueillait une pléiade de talents indés-rap. En tête d’affiche, l’américain « Webbafield »,  accompagné du groupe « Phonk Addiction » (un bassiste, un guitariste, un saxo, un DJ, un batteur et un clavier), qui débarque avec trois albums déjà, dans son escarcelle.

La première partie (en définitive une bonne partie du concert) est assurée d’abord par « Wooz », un jeune rappeur au talent prometteur. D’abord seul sur scène, il balance les rimes et la sueur. Il est rejoint par les deux membres de « Shaolyn Gen Zu » originaires de Montfermeil, pour un échange endiablé. Ils ne ménagent pas leurs efforts, donnant tout ce qu’ils ont, vidant leurs tripes, sans radinerie. Ils sont venus pour faire le show et ils assurent.

Petite pause pour « Wooz ». « Gen Zu » embraye sur un pur son west coast digne…des meilleurs sons west coast (9.3 eastsiiide !).

Ils laissent leur place à  un petit bout de femme charmante, un peu timide, seule avec son saxophone ; « Marilou » qui nous délivre un solo parsemé d’envolées lyriques ; une petite touche sensuelle et jazzy avant le retour de « Wooz ». Et là, belle surprise, « Wooz » et « Marilou » en duo ; étonnant, un subtil mariage entre le rap énergique de l’un et les accords charnels de l’autre. Un beau morceau chanté en « peul » (une des langues d’Afrique de l’ouest), vient conclure leur collaboration.

Cette première session se termine sur la très émouvante « Nina », ou « Wooz » et « Gen Zu » nous ouvre leur cœur.

Deuxième round : entrée en scène du « Carré d’Iks », qui rappelons le, est un collectif, constitué de « Emceetrash », « Sir Cass » et « Dingues 2 Chrome » (« Peppair » et « B One »). La démonstration commence doucement, avec la sérénité et l’assurance de « Peppair », puis « B One », « Sir Cass » enchaîne, un peu plus fou, plus débridé. Arrive « Emceetrash » avec son phrasé et son débit assez unique. Les titres se succèdent, les quatre artistes aussi, ils alternent, avec maîtrise, des sons calmes aux textes engagés, avec des chansons plus speed, dans lesquels ils déchargent leur énergie scénique (75 Paris !).

L’une de leur force, constatation évidente ce soir là, c’est leur complémentarité ; ils ont chacun leur univers, leur personnalité ; des entités, qui réunis, apportent plus de richesse, de consistance. On ne vient pas écouter un groupe de clones qui rappent tous pareil, mais un collectif ou chacun à sa place et  sa particularité.

Ils terminent sur un a capella, l’un après l’autre, avec « Emceetrash » au beat box avant d’y aller de son couplet.

Le 20e  est présent, il prouve que le rap n’est pas mort à Paris, au contraire, il renaît et « Carré d’Iks » pourrait bien en être le porte drapeau.
C’est au tour de « Webbafield » et « Phonk Addiction » de se produire. L’alchimie entre les raps du New-Yorkais et l’orchestre, est impressionnante. Ca coule, ça se complète à merveille. « Webbafield », comme ses prédécesseurs, balance ses rimes avec dextérité, il a un super flow. Il saute, virevolte, harangue le public et le fait participer, sur des sons soul/funk, marinés à la sauce hip-hop.

La fatigue me gagne, mais cette expérience de rap acoustique me tient éveillé, jusqu’au bout, ne pas rater une miette.

En définitive, j’ai l’impression d’avoir bu quatre litres de redbull, tant l’énergie positive des différents groupes était communicative. Mais, puisqu’il y a (presque) toujours un mais, je déplore l’absence de public et des médias spécialisés. Nous étions peu nombreux et pourtant privilégiés au vu de la qualité. Est-ce du au manque d’intérêt pour les jeunes groupes ? Faut il s’appeler « Booba » pour remplir une salle ? Est-ce du à un problème de communication ? Je ne sais pas. Un chose est sure, nos quartiers sont bourrés de talents, parfois (souvent ?…) meilleurs et plus généreux en live que les stars radiophoniques ; alors soyons curieux, cherchons les événements, donnons leur chance aux nouveaux, aux pas connus, découvrons les. C’est ça, pour moi, l’esprit du hip-hop.

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