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Vincent Delerm – Les Amants Parallèles


Vincent Delerm
signe avec Les Amants Parallèles un concept-album concis et sensible. Une excellente escale dans sa discographie.

Tout commence avec les très beaux arrangements de Clément Ducol, qui mélange au piano des bruits divers : frottements, battements, grincements doux. Delerm prend la parole à la manière d’une voix-off de cinéma. C’est un album en forme de film avec ses flashbacks (« Robes », « Et la fois où tu as ») et ses ellipses (« Ces deux-là »), ses plans fixes (« Hacienda ») et ses plans séquences (« L’avion », « Le film »). Ambiance Nouvelle Vague : les émotions se tissent avec les considérations sur le temps (qu’il fait, qui passe ou qui viendra). C’est l’histoire d’un garçon qui rencontre une fille, du couple qui se forme, de l’enfant qui naît et de l’amour qui continue. Chaque piste chantée ou parlée est un commentaire des micro-péripéties qui ont formé leur histoire.

Avec la simplicité qui le caractérise, Vincent Delerm raconte l’amour comme une activité quotidienne, sans hyperboles ni lyrisme inutile. Les images qu’il dessine suffisent : l’atterrissage d’un avion, un appartement sans réfrigérateur, des feux d’artifice. On lui retrouve son goût pour les comptes justes (« Et tu connais le film par cœur et dans une 1h40, même si c’est le même ascenseur, tu seras différente »), pour les apparitions de célébrités (Dalida, Johnny Marr) et pour Paris que l’on parcoure en métro et que l’on quitte en voiture. Mais ses marques de fabriques se font ici plus furtives, tout comme sa voix semble s’être défaite du maniérisme qui faisait le bonheur des imitateurs. Le timbre est désormais posé, le phrasé naturel.

Même si au départ, l’album ne semble pouvoir être écouté que d’un bout à l’autre, on se laisse aisément aller à rejouer les titres mélancoliques comme « Le Film » ou « Et la fois où tu as », mais aussi les plus enjoués comme « Les Amants Parallèles » (excellent tableau de la vie conjugale) ou « Embrasse-moi ». Et pendant la toute dernière piste, qui sonne comme un générique de fin, la chroniqueuse l’avoue, quelques larmes ont coulé. Merci Vincent Delerm.

Vincent Delerm – Les Amants Parallèles

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