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Serge Gainsbourg – Timée Editions

Petite mise en bouche :
« Je composerai jusqu’à la décomposition. »
« Gainsbourg n’attend pas d’être mort pour être immortel. »
« Si j’étais Dieu, je serais peut-être le seul à ne pas croire en moi. »

Comment appréhender un personnage aussi riche que Serge Gainsbourg ? Pour ceux qui ne veulent pas d’emblée se plonger dans une biographie détaillée, ce beau livre est une première approche instructive, éclairante et richement illustrée.

Plusieurs thèmes : son enfance (le temps où il se prénommait encore Lucien Gainsburg), ses débuts de peintre (il se considérait comme un artiste raté), son entrée difficile dans la musique et sur scène, alors qu’il est vivement encouragé par Boris Vian et Jacques Brel, les insultes fusent sur son physique. Timide, complexé, affronter un public s’assimile pour lui à une épreuve. Mais ses textes font parler de lui, il est remarqué… et régulièrement censuré !

Viennent des panoramas, sur les femmes de sa vie, celles (et ceux ) pour qui, il a composé. Ses albums, les flops, les succès et particulièrement le concept- album « L’histoire de Melody Nelson », qui fera de lui un avant-gardiste. On découvre également un Gainsbourg écrivain, acteur et réalisateur. Il aura donné quatre films (trois long métrage et un court) au cinéma, mais l’accueil ne sera jamais celui escompté.

L’ouvrage permet de visualiser l’ensemble d’une carrière bien remplie, une œuvre multiple, Serge Gainsbourg est un musicien qui touchera a beaucoup de styles musicaux. Le livre revient sur l’histoire de quelques titres, « Je t’aime moi non plus », « Le poinçonneur des Lilas »…

Un pan plus intime de sa vie est évoqué, les deux premiers enfants qu’il aura à peine connu, la vie de famille avec Jane Birkin et Bambou, son comportement en tant que père. Ses contradictions et célèbres provocations, quand Gainsbourg et devenu Gainsbarre, son rapport avec la mort, ses derniers moments…

Des annexes complètent le propos en jalonnant chronologiquement et par genre les étapes du parcours artistique de Serge Gainsbourg.

Un propos qui le rend touchant mais sans en faire l’éloge (sa misogynie est aussi soulignée !), la fragilité du compositeur s’impose d’elle même. On a entre les mains une lecture qui poussera à la curiosité ceux qui, comme moi, ne connaissaient le musicien qu’en surface, et donnera envie de poursuivre la recherche de documentation ; à la fin de l’ouvrage, des références bibliographiques nous aiguillent.

Serge Gainsbourg – Timée Editions – 140 pages – 20 x 25 cm (couverture souple)

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