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Public Service Broadcasting – Inform, Educate, Entertain

Inform, Educate, Entertain. Le premier album de Public Service Broadcasting contient l’essentiel de ce qu’il a à offrir dans son titre. Après l’EP The War Room sorti en 2012, le duo d’Anglais revient, mais cette fois-ci avec un album de 9 titres. Dans leurs valises est toujours empaqueté le même concept : l’utilisation de vieilles publicités du service public anglais (Public information films) ou de vieux clips de propagandes, incorporés à des sons sombres et organisés. L’objectif de PSB : éduquer le public sur l’Histoire au travers d’œuvres actuelles aux accents futuristes.

Bonne surprise car le mariage est heureux ! J. Willgoose Esq. et Wrigglesworth n’ont ici rien perdu de leur créativité. En témoigne le premier morceau de l’album « Inform, Educate, Entertain », une introduction toute en douceur à un style peu exploré jusqu’alors – qui n’est pas sans rappeler le générique de la série Homeland. Mais oubliez trompettes de jazz et Miles Davis, et accueillez le synthé, la batterie, la guitare et le banjo qui donnent toute sa profondeur à l’album de PSB.

Public Service Broadcasting – Theme From PSB

Car sous leur look mi-nerd, mi-hipster, l’un portant la cravate, l’autre le nœud papillon, les deux Anglais sont des musiciens accomplis. Alors que Wrigglesworth prend place derrière la batterie et cherche à maintenir un rythme prononcé et entrainant à l’inspiration jazzy, J. Willgoose Esq. est en charge de la guitare et surtout du banjo. « Theme From PSB » illustre cette complémentarité avec un brillant maniement de l’instrument à cordes sur lequel revient régulièrement une voix annonçant « Service Public Broadcasting », comme un hymne au groupe. A l’inverse, dans « ROYGBIV », le banjo est utilisé dans une ambiance posée mais permet de garder une atmosphère fraîchement colorée propre au groupe. Une oxymore musicale entre l’officiel de la parole prononcée et la déstructuration des notes de banjo. Tout cela est unifié par un fond sonore à la résonance électro enfantant une homogénéité musicale surprenante.

Inform, Educate, Entertain est aussi parsemé de morceaux à la rythmique plus prononcée et vive. Le riff de la guitare électrique de « Signal 30 » n’est pas sans rappeler certaines œuvres des Strokes et les sons électro déchainés de The Now Generation, véritable critique du superficiel, rappellent la futilité des instants éphémères.

Les trois derniers morceaux se dégagent du reste de l’album par leur calme, langueur et profondeur. Dans « Lit Up » et « Everest », on se déplace comme dans un rêve. Ces deux morceaux, aux sons mélancoliques et lointains, semblent venir directement des âmes de leurs créateurs. Arrive en clôture, comme une fin heureuse, « Late Night Final ». Ce doux titre est agrémenté d’une batterie à la rythmique jazzy et d’une trompette mélancolique auxquels répondent parfois des violons d’un autre temps. Un instrumental au rythme saccadé et nonchalant à écouter en boucle tout cet hiver.

Public Service Broadcasting revient donc avec un bel opus qui ravira les accros empressés de la première heure comme les profanes. Le groupe profite de cette sortie pour s’offrir une tournée européenne et on ne regrette qu’une chose : leur unique apparition en France, le 6 décembre aux Transmusicales de Rennes.

Public Service Broadcasting – Everest

Public Service Broadcasting – Inform, Educate, Entertain – Sortie le 25 novembre chez Test Card Recording.

Chronique réalisée par Nicolas Daghero

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