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Pierpoljak – Interview – Fevrier 2010

A l’occasion de la sortie de Légendaire Sérénade, Pierpoljak a pris le temps de nous recevoir avec beaucoup de simplicité dans la chaleur familiale de l’appartement de son ami Guillaume. Une pause déjeuner pas comme les autres pour une interview pleine de miettes autour de la meilleure baguette du 14ème arrondissement …

Bonjour Pierre, nous nous rencontrons donc à l’occasion de ton nouvel Album, « Légendaire Sérénade » … qui nous a beaucoup surpris de par ses sonorités très différentes de ce à quoi tu nous avais habitué … qu’est qui a provoqué cette incursion dans le monde de la folk et de la pop ?
Une envie de changement, une envie d’explorer et de ne pas rester les deux pieds dans le même sabot … approcher d’autres sonorités d’autres méthodes de travail aussi ! J’ai tenu à baisser la musique pour qu’on puisse vraiment entendre les paroles et les comprendre. Comme le Reggae music se joue assez fort, j’ai opté pour d’autres sonorités moins envahissantes … et je ne vois pas cela comme une infidélité au Reggae … c’est que j’en suis quand même à sept albums officiels dont deux en Jamaïque …

Les textes de Légendaire sérénade nous ont parut plus personnel que sur les autres opus … ?
J’ai passé pas mal de temps sur les paroles, beaucoup plus que d’habitude, parce qu’au début j’avais beaucoup de rancœur et d’animosité … j’en voulais vraiment beaucoup à certaines personnes … et j’ai finalement pris du recul pour transformer tout ça en énergie positive ! Après avoir fait cet effort là, enfin que j’estime avoir fait, l’album étant sortit cela ne m’appartient plus ce sera aux gens de me le dire … mais c’est l’état d’esprit de ces textes. C’est aussi pour ça, dans la mesure où c’est du sérieux pour moi, que je tenais à ce qu’on entende bien les paroles, d’où une approche musicale plus douce.

Pekah et Pierpoljak, deux personnages différents ?
Non non, Pekah c’est juste un raccourci, au départ ce sont mes potes qui m’appellent comme ça … pas de Dr Jekill et pas de Mr Hyde ! C’est pas qu’on soit plusieur à l’intérieur, juste un seul mais il prend toute la place !

Du coup cette couleur musicale plus accessible tu compte la conserver ?
Ce n’est pas juste un essai pour voir si ça va marcher … on est tous des musiciens de Reggae et mes compagnons de route ont joué avec les plus grands mais ça nous a fait du bien d’aborder un autre style …

Comment se passent les phases de composition, tu travail seul ou en groupe ?
C’est moi qui compose, j’entends par là que la composition c’est l’air de ta chanson. Je prends ma petite guitare, je me fais quelques accords, te trouve une mélodie, des mots et une fois que j’ai tout ça, je laisse aux autre le soin de faire les arrangements.

Il t’est arrivé de travailler sur des titres instrumentaux, de t’orienter vers le Dub ?
Tu sais tous les album que j’ai fais en Jamaïque, ils ont été remixé en dub, mais je préfère garder une approche chantée de cette musique. Pour moi le Dub c’est une histoire d’ingénieurs, moi je suis un chanteur.

Tu est aussi musicien …
Oui mais bon … tu vois sur le nouvel album j’ai joué de la basse sur sept morceaux et c’est la première fois ! Mais de là à faire du Dub, même si j’aime beaucoup ça, je m’en suis sur-gavé notamment avec King Tubby And Scientist.

Mon premier album je l’ai fait à la campagne avec un petit sampleur As 900 et des bouts de ficelle, alors je n’en étais pas si loin …Et puis légendaire Sérénade c’est mon septième, mais j’en suis à une dizaine dans la réalité, il y a eu Tuff Gong Blues enregistré en Jamaïque, avec Elephant Man,Horace Andy, Lisa Danger … j’ai aussi fait une mixtape en 2006 qui s’appelle Cheper (téléchargeable gratuitement en vous enregistrant sur le site de Pierpoljak) dans laquelle il y a beaucoup d’électro …

Comment penses-tu que le Reggae est perçu en France ?
Pour moi le Reggae, c’est la musique Jamaïcaine, sans vouloir être sectaire, et puis tu vois j’ai beau être un petit Parisien j’ai fait aussi … mais je pense que en France, ce sont les clichés qui prédominent, il y a un décalage entre le public qui aime le Reggae et les médias qui ont tendance à faire de cette musique la mode de l’été. Bon dès fois c’est bien quand c’est la tienne mais on oublie qu’il ya beaucoup d’artistes et de groupes de Reggae en France et à l’heure actuelle, ceux qui existent vraiment sont ceux qui font beaucoup de concerts.

En Allemagne, ils ont une autre vision de cette musique, j’ai pas mal tourné là bas, j’ai fait de gros festivals et Tuff Gong Blues a même été distribué. Ils prennent ça comme une vraie culture.

Et pourquoi ton album Jamaïcain n’a pas été distribué en France ?
C’est des histoires de business avec ma maison de disque. Cet album je l’ai enregistré la nuit en 2001 à l’époque ou je faisait mon quatrième album, « Je fais c’que j’veux », celui où il y a le titre « Maman ». Je cumulais donc un album en français le jour et « Tuff Gong Blues » avec mes potes Jamaïcains la nuit … qui n’a d’ailleurs jamais été mixé, ce qui lui donne un son un brut. Il était dans mes tiroirs mais mes potes voulais le voir sortir, du coup j’ai demandé à ma maison disque qui ne voulait pas le sortir et qui m’a laissé le droit de passer par un label Allemand qui était motivé par le projet … J’ai donc eu l’autorisation de le sortir en Allemagne … Enfin il n’a pas été tiré à beaucoup d’exemplaire environ 5000 ex en Allemagne et quelques 2000 en France …

Encore un petit bout de pain et me voilà de retour dans la fraîcheur du 14ème … encore merci à Pierre pour avoir été si disponible !

1 réponse sur « Pierpoljak – Interview – Fevrier 2010 »

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