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Live reports

Pelican + Om + Barn Owl – Live – La Maroquinerie – 2012

Histoire d’éviter les déprimes du dimanche soir, Kongfuzi nous avait concocté en ce dimanche un programme aux petits oignons avec trois formations qui s’avéreront être, dans des styles plus différents les unes que les autres, d’une majestuosité impressionnante.

Tout commence par un duo atypique, Barn Owl. Juste armé de deux guitares, d’un clavier  (utilisé avec une grande parcimonie) et de tout un attirail de pédales et autres boîtes à rythmes, le duo va réussir à nous amener en terra incognita, prenant un malin plaisir à déconstruire les standards établis. On se retrouve vite dans une désorientation comme seule peut nous laisser un groupe sans section rythmique. Le duo établit peu à peu un climat anxiogène, on ne sait absolument pas à quoi s’attendre. Il déroule leur litanie comme une danse macabre dans un univers brumeux. S’éloignant de la plupart des constructions habituelles, Barn Owl embarquent le public vers des compositions éthérées mais jamais superficielles.

Il se murmure à la fin de leur set que la prestation de ce soir avait de particulier qu’elle ne présentait pas une gamme d’instruments live aussi variée qu’à l’accoutumée. Il ne faudra donc pas se contenter de ce seul concert de Barn Owl pour en mesurer leur potentiel, même s’ils nous laissent avec une impression plus que positive.

A peine le temps de souffler qu’arrivent les trois membres de Om.

Dans l’hindouisme et le bouddhisme, cette syllabe sacrée est considérée comme le son originel, amenant avec lui la naissance de l’Univers. Le parallèle avec le trio est vite trouvé lorsque résonnent les premières notes d’un mantra. Une basse prégnante vous soulevant les tripes et vous coupant le souffle, une batterie à la fois énergique et discrète mêlées aux percussions et à quelques touches de claviers furtives serait un résumé trop simpliste de ce que propose la formation. Si, de prime abord, notre regard se porte sur le bassiste/chanteur, véritable mastodonte chevelu, il se tourne rapidement vers le frêle « homme orchestre » à droite de la scène ; maître des tambourins, il s’attèle également au clavier et à la guitare. Il emmène ses instruments dans une danse mystique. Sa prestation, toute en finesse et en grâce, vient contrecarrer l’énorme son de basse. Lorsqu’il chante de sa voix déshumanisée par une multitude d’effets, il nous transporte littéralement. Les yeux révulsés, il entre dans une transe qui lui permet d’atteindre la quintessence.

Om mélangent la finesse d’une prière hindouiste à la rugosité et à la lourdeur du stoner. L’ultime morceau est presque exclusivement exécuté à la basse et à la voix. L’instrument prend lieu et place des palpitations d’un cœur tandis qu’on se perd dans les méandres presque lyriques. Om nous laissent hagards et perdus, constatant avec regret que le voyage se termine, dans une beauté ultime.

Pour clore la soirée de la meilleure des façons, Pelican sont venus nous asséner leur rock lourd, mélodique et atmosphérique.
Entre le stoner, le post-hardcore et le post-rock sans vraiment s’y retrouver, ils révèlent une fois encore sur la scène de la Maroquinerie leur sens inné de la mélodie. Leur son explosif prend son ampleur dans une set list compacte permettant au public de constater l’aisance avec laquelle la formation passe d’un son léger et aérien à un autre plus lourd et puissant ; un rock progressif, l’ennui en moins, dans un format ni trop court, ni trop long qui ne ternit jamais la puissance des compositions.  Comme à leur habitude, ils laissent aux  spectateurs une sensation de trop peu mais pourraient-ils réellement assouvir la soif intarissable de leurs adeptes ?

En retrouvant le froid et le vent de la capitale à la fin de ces trois sets, un unique son de cloche retentit alentour : des soirées aussi réussies sont chose rare et ce soir, nous y avons eu droit !

Crédits photos : Brian Ravaux


 

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