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Le Peuple de l’Herbe – A Matter of Time

Le Peuple de l’Herbe, ouais…  Pour être franc, je sais pas pourquoi on m’a mis sur le coup. J’ai arrêté la beuh il y a cinq ans après être rentré en slip d’Amsterdam, aujourd’hui je porte des chemises repassées, j’achète les Inrocks et même, parfois, j’écoute Video Games de Lana Del Rey dans un casque Marshall Major à fiches dorées relié à un iPod Classic 160 Go en aluminium noir. Autant dire que lorsque qu’on m’a proposé de chroniquer A Matter of Time, j’ai un peu eu l’impression qu’un vieil atavisme refaisait surface : j’avais beau me donner beaucoup de mal pour me la jouer bobo tendance hypster, aux yeux des gens, j’en étais resté au stade de jeune branleur mal dégrossi.

Bon alors bien sûr je n’ai pas toujours été la tentative de snobinard infecte que je suis aujourd’hui. Moi aussi, à une époque, j’ai écouté Le Peuple de l’Herbe. Moi aussi, j’ai atomisé les oreilles de mes parents à grand renfort de Triple Zero et de P.H. Test/Two passés en boucle, albums qui devaient demeurer éternellement inscrits dans mon panthéon musical personnel. Mais pour être honnête, soit que mes goûts aient entre temps évolué, soit que le Peuple n’ait rien fait de très concluant depuis, il y avait bien dix ans que les productions du gang des Lyonnais ne me faisaient plus bander. J’avais décroché.

En entamant l’écoute de ce sixième album, je me suis d’abord dit que j’avais bien fait. Très maîtrisées sur le plan technique, les deux premières pistes me laissaient pourtant de marbre. La troisième, Mothership, me refila carrément la nausée. Le grand Peuple était un peu devenu le Saul Williams du pauvre, un bric a broc insensé de phrases synthétiques. Je m’apprêtais à changer de disque, quand les premières mesures de Let Us Play se sont insinuées dans mes oreilles. J’ai dit ouais, ok, je vous laisse jouer, mais dépêchez-vous les gars, bordel ça fait déjà 10 minutes que vous enculez les mouches. Et ils ont joué…

Autant dire que ma surprise fût de taille. J’avais déjà fourbi mes armes, prévu tout un attirail de mots compliqués pour dire de façon civilisé que cet opus s’assimilait assez à un tas de merde fumant, quand Le Peuple m’a coupé l’herbe sous le pied. Let Us Play swinguait furieusement. La piste suivante, Not a Test, était assez folle elle aussi. Tout y était : sample d’intro futuriste et vintage à la fois, électronique propre et léchée, cuivres d’anthologie. Le reste était à l’avenant. Jasmin In The Air, Wooden Jam, 19…, autant de claques dans ma grande gueule d’échalas parisien. C’était tout simplement bon. Très bon. Trop bon.

Ni une ni deux, j’ai fait un saut chez mon vieux pote Alex, je suis rentré chez moi, je me suis mis en slip, allongé sur le canapé, j’ai roulé un gros spliff et j’ai poussé le son à fond.

3 réponses sur « Le Peuple de l’Herbe – A Matter of Time »

Peuh ! Le peuple a toujours tout déchiré !!! Y’a rien à jeter dans leur discographie… C’est sûr que si t’écoutes en boucles Lana Del Rey… Il vallait mieux se remettre à Bédave pour sentir qqch…

Il faut bien que jeunesse se passe, mon cher Lulu 😉
Mais je suis de ton avis il y a eu du bon dans chaque opus … Pas évident de tous tomber d’accord en matière de musique !

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