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Kause 4 Konflikt – Otargos Live – Le Klub – Paris – 2012

De son balcon il observe la ville plongée sous le voile d’ombre . Il tire doucement sur sa cigarette et saisit son verre de whisky. L’alcool et la fumée se mélange lourdement sur sa langue et lui brûlent la gorge. Son regard semble vide. Ses membres tremblent avec force faisant cliqueter les glaçons dans son verre. Le bruit des freins et des klaxons s’évanouit, laissant place aux bruits lourds des explosions et des balles tirées. Le macadam se change devant ses yeux. Un immense flot de sable vient recouvrir la chaussée luisante sous les lampes orangées des lampadaires. La ville n’est plus qu’un désert désolé devant ses yeux. Ses souvenirs l’assaillent avec force.

Il entend sa lourde respiration sous son masque à gaz. Il court le plus vite possible pour éviter les assauts répétés de ceux qu’il devait tuer. Le soleil se reflète sur le symbole qui orne son gilet pare balle. K4K « Kause4Konflict ». À couvert derrière une colline de sable il halète.

« Putain … Tout est fini » se dit-il. Il ferme les yeux. Dans sa tête résonnent les lourdes guitares de son groupe d’unité spéciale. Un warzone métal,mélange de death et de hardcore groovy, puissant et enragé prend place en son esprit.

« Le combat n’est pas terminé ! » pense t’il, emmené par la voix rauque,gutturale et assurée qu’il a si souvent utilisée durant ses concerts pour motiver les troupes prêtent au combat … Ainsi que lui-même. L’énergie guerrière qu’il dégageait était communicative malgré la distance qui les séparaient du champs de bataille. Les troupes se laissaient alors aller à de violent combat dans la fosse.

Son verre éclate sur le sol, le faisant revenir quelques instants à la réalité. Bien que tout cela lui paraisse lointain, il ne peut oublier l’horreur qu’il a vécue. Seule la musique lui permet de garder l’esprit éveillé. Son dernier concert s’est déroulé au KLUB à paris. Toujours accompagné de son groupe d’assaut ils ont enflammés la petite salle parisienne. Dès les premiers sons d’hélicoptères de L’introduction,une grande excitation flotta dans l’espace exigu de la discothèque. Le set fut rapide, violent, radical guerrier et bien exécuté. Le groupe n’aillant que peu de matériel les titres (dont les plus connus sont SEMPER FI et HOLE OF EMPTINESS ») s’enchaînent avec fluidité et application.

Il titube jusqu’à son lit. Ses larmes s’écrasent lourdement sur le sol. Les images tourbillonnent dans sa tête.

Doucement, en tachant de rester à couvert, il lève la tête la tête. Nul coup de feu ne parvient à ses oreilles. Ses assaillants semblent l’avoir abandonné.. Il se relève avec prudence, son arme tenue fermement. Les battements de son cœur font vibrer chacune de ses veines. Son regard se fige. Ses mains ne sont plus capables de rien et son Famas tombe avec fracas sur sable. Une vision d’horreur lui fait maintenant face. Au milieu des corps gisant se tiennent quatre personnes le visage tourné vers le sol. L’une d’elles, torse nu au milieu du sable humide de sang, plonge son regard blanc et froid dans le sien. Ses entrailles se serrent. Le liquide carmin se meut de manière chaotique. L’homme à demi dénudé pose ses mains par terre. Chaque goutte écarlate semble être aspirée, dessinant sur son corps de lourds motifs noirs évoquant la racine des arbres. Des lettres semblent se former dans le sable. OTARGOS. Un cri strident parvient à ses oreilles. D’un geste vif il retire son masque et plaque ses mains contre ses oreilles. Malgré le soleil de plomb, il frissonne. L’air semble de plus en froid. De puissantes guitares et une batterie rapide semblent s’élever du fond de la terre. La première chanson : KINETIC ZERO, résonne  dans le désert. Son estomac se serre. Chaque instrument se mêle en un amas de haine et de douleur. Un black métal froid et haineux prends place en son esprit. 12 morceaux froids et nihilistes s’enchaînent de manière effrénée ne lui laissant nullement le temps de calmer les lourds battements de son cœur. La peau de ses mains semble fondre sous ses yeux,laissant apparaître sa chair pulpeuse. L’air vibre sous FLESHLESS. Un douloureux et long cri s’échappe de sa gorge sur les derniers accords d’ORIGIN. Il tombe sur le sol, tremblant. Son esprit se perd dans les méandres de métal noir, haineux et dans la folie….

Son corps sombre dans l’inconscience.

Chronique : Guillaume Baille / Crédits Photos Brian Ravaux

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