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Interview Mountain Men – Juin 2010

A l’occasion de la réédition de  leur album Spring Time Coming sous l’égide du Label Echo Prod, Mr Mat et Barefoot Iano,  les deux compères des Mountain Men m’ont reçu dans la chaleur douillette d’un petit salon parisien … vous re-prendrez bien une petite goute de rhum, il est maison !

Bon, pour commencer, pourriez vous revenir pour nous sur cette rencontre intercontinentale à laquelle nous devons votre duo ?
Mat – Intercontinentale, oui c’est une rencontre intercontinentale, mais qui s’est passé à st Pierre de Chartreuse au dessus de Grenoble …
Ian – En 2005
Mat – tu sais c’est le village où l’on produit le bon petit élixir vert … Donc nous nous sommes rencontré un soir de 2005, dans un pub ou Ian faisait un concert en solo. A la fin de son spectacle, il a demandé si quelqu’un voulait venir jouer et les gens de mon bled lui ont dit d’appeler Mat ! Du coup il m’a appelé et je me suis exécuté !
Ian – Il c’est pointé avec ses 1m80 et ses 90 Kilo, je lui ai proposé ma guitare, il m’a dit qu’elle lui convenait et qu’on allait jouer du Blues …
Mat – On a commencé par un morceau, 1 heure et demie plus tard on jouait toujours …
Ian – et depuis 5 ans ont joue toujours, il s’est vraiment passé quelque chose ce soir là !

Un coup de foudre tout bien tout honneur ?
Mat – Oui, un coup de foudre mais tout bien tout honneur !

A ce propos Et pourquoi avoir nommé le groupe Mountain Men ?
Mat – De part déjà la localisation géographique … c’est en plein dans la montagne … et puis aussi des conneries entre nous qu’on ne pourra raconter sur aucun média … mais rien à voir avec les deux cow-boy … allez, ça a à voir avec les femmes mais on ne peu pas en dire plus …
Ian – Il vaut mieux laisser le doute planer …

Une tournée internationale, Memphis … vous pensiez que ça irait si loin ?

Mat – A début c’était un bœuf mais rapidement l’envie nous a pris d’aller jouer un peu partout, de présenter notre musique au plus de monde. J’ai toujours voulu faire ça, Ian aussi je pense et nous en avons eu l’occasion. On a fait un tremplin en 2006 et de là on a pas mal tourné, on est ensuite parti à Montréal sur un gros festival de Blues, auquel on retourne d’ailleurs cette année … Il y a eu la sélection au Chalenge de Memphis pour représenter la France. Entre temps on a rencontré un tourneur qui nous a fait joué au Canada et qui est devenu notre tourneur en Amérique du nord. Puis l’an passé, le prix cognac Blues Passion, en tant que révélation française de l’année pour le Blues … ce qui nous a plutôt fait plaisir … Et puis Spring Time Coming a été sélectionné à Memphis au award de la Blues Fondation !

Qui est une réédition …
Mat – Qui est une réédition, nous l’avons sorti l’année dernière avec nos propres moyens et sans aucune promo, nous nous sommes retrouvés en tête des ventes Blues … de là nous avons avons signé chez Echo Prod et l’album ressort avec deux titres Live en plus et quelques goodies à télécharger … nous sommes très contents !

Il y a bien entendu une sonorité Blues omniprésente mais nous avons trouvé qu’il n’y avait pas que ça et nous ne l’avons pas vécu comme un album de blues vous êtes d’accord avec ça ?
Mat & Ian – Merci !
Mat – Nous sommes très content de t’entendre dire ça !

Mais du coup comment caractérisez vous votre musique … nous n’avons pas trouvé d’étiquette adéquat !
Mat – Ça tombe bien, on aime pas ça les étiquettes ! Les gens qui considèrent que c’est du blues tant mieux si ça leur va mais nous sommes tout aussi satisfaits pour ceux qui trouvent que ça n’en est pas. Il y a certainement la trame et les influences par ce que nous en écoutons, il y a peut être cette couleur, mais il y a aussi tout le reste. Je suis français, Ian est australien et nous n’avons pas de culture blues à proprement dit comme peuvent l’avoir les américains. Moi ma culture musicale c’est Brassens, c’est Ferré, Metallica … on est quelque part entre tout ça !
Ian – Moi je suis plutôt Dylan, Bob Marley … c’est le mix de tout ça qui donne notre musique !

Il y a deux beaux hommages dans l’album, l’un à Skip James l’autre à Brel, comment peut ont passer du delta du Mississipi à la Belgique, c’est périlleux !
Mat – Je ne sais pas si c’est périlleux, juste une histoire de feeling, le fait de ne pas se mettre de barrière facilite beaucoup les choses ! Et pour moi il n’y a pas vraiment de différence entre les deux ! Alors les puristes du blues te diront qu’il ne comprennent pas ce que les Marquises font ici mais tant pis … De nature nous ne sommes pas très potes avec les puristes, nous n’aimons vraiment pas les barrières !
C’est quand même dommage que 90% des gens pensent que tu t’emmerde à un concert de Blues ! C’est le problème du Blues en France, il y a comme une sacralisation de cette musique … aux USA ça ne se passe pas comme ça, on ne se pose pas la question et les mélanges les plus improbables se font naturellement !

Et est-ce votre musique à permis aux américains de s’initier à des choses comme Brel ?
Mat – Justement, ils sont tellement ouverts que le français est pour eux une expérience hyper enrichissante. On leur a fait des balades Cajun en français et ils trouvaient ça super ! Aux USA il disent de notre musique « c’est blues mais c’est différent » …

Et vous pensez qu’à l’inverse vous allez réussir à familiariser les petits français au blues ?
Mat – Je ne sais pas pas mais en tout cas on l’espère. D’ailleurs en live notre public n’est pas un public blues ! Et notre chance c’est que les puristes y voient du blues !

C’est une petit victoire …
Mat – c’est plutôt pas mal !  Il nous est arrivé de nombreuses fois que des gens viennent nous voir à la fin du concert pour nous dire, j’aime pas le blues mais j’adore ce que vous faites !

Et cette signature vous a changé beaucoup de choses ?
On a surtout l’impression de faire les choses plus vite, d’être plus carrés, il y a un gros travail qui est fait autour de nous qui nous aide et nous aident à aller dans la bonne direction.

Quelques projets de featuring, un nouvel album à venir ?
Mat – Le premier gros projets que nous avons eu, nous étions en tournée au Burkina Faso en décembre dernier en compagnie d’un blues men, musicien Nigérien qui s’appelle Coudele et aussi d’un percussionniste, Babaconaté, et c’est dans nos plans, nous avons déjà enregistré pas mal de choses là bas … quant à un nouvel album de Mountain Men on dans la tête de quoi en faire quelques uns …

En quittant ces deux baroudeurs, je me dis que les mélanges ont vraiment du bon et que c’est ce genre d’initiatives qui font font avancer les choses … so long les mecs !

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