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I Come from Pop – Great Lake Swimmers – Le Petit Bain – 2012

En ce jeudi, la part belle était laissée, au Petit Bain, à la folk dans toutes ses combinaisons, de l’acoustique à l’électrique, en passant par les accents americana des Canadiens de Great Lake Swimmers.

Pour commencer cette soirée, le songwriter Barzin est ce soir accompagné d’une jeune femme et nous aurons droit à un duo guitare sèche/guitare électrique pour agrémenter les mélodies mélancoliques du jeune homme. La douceur laisse rapidement place à l’ennui et le dépouillement des orchestrations pèse sur la longueur. Les titres se succèdent mais, hélas, ce ressemblent et finissent par se confondre. Barzin ne laissera probablement pas un souvenir impérissable, notamment après la prestation des Brestois d’I Come from Pop.

Le groupe entame pied au plancher sur une de ses ritournelles pop et on redécouvre la voix feutrée si particulière aux accents d’Elliott Smith du chanteur fluet. Entre douceur folk et circonvolutions bruitistes, I Come from Pop réussissent, au sein d’un même morceau, à allier les styles pourtant contradictoires en apparence. Véritables alchimistes des temps modernes, ils vont à nouveau bluffer leur auditoire ; là où les spectateurs se laissent entraîner dans une ballade doucereuse, la batterie malicieuse vient casser le rythme pour nous entraîner dans des solos dignes de My Bloody Valentine. Même si les balances ne permettent pas d’apprécier la complexité des compositions du groupe à leur juste valeur, ils éveillent encore plus notre curiosité que lors de leur passage à la Flèche d’Or l’an dernier, lorsque nous les avions découverts. Leur premier album à paraître devrait donc être une bonne surprise à ne pas manquer.

C’est enfin au tour de Great Lake Swimmers de prendre place. La scène est littéralement envahie par les guitares, contrebasse, violon, banjo et autre batterie. Tony Dekker, tête pensante du groupe, fait son entrée entouré de ses musiciens et c’est l’effervescence dans la salle ; annonce, en français « Nous sommes les nageurs des Grands Lacs », le spectacle peut désormais démarrer. Si on avait aimé le songwriting inspiré est les mélodies d’une beauté triste de leurs albums précédents, notamment Ongiara et Lost Channels, c’est aujourd’hui leur nouvel opus qui est à l’honneur : New Wild Everywhere. Difficile d’accrocher aussi facilement aux nouveaux morceaux, résolument plus pop et plus étoffés. Si ces derniers sont entraînants, on regrettera la simplicité des mélopées americana telles que Your Rocky Spine ou Everything is moving so fast. Emmené par la voix suave du beau Canadien, le groupe fait preuve d’une maîtrise parfaite et hormis la nostalgie des anciennes compositions, il serait bien difficile de lui reprocher quoi que ce soit. La prestation est intense et chaleureuse, exactement ce qui nous manquait en cette journée grise et pluvieuse.

Crédits Photos : Williams Farkas – WsF


 

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