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Gran Kino – 1989

Vous l’aurez vite compris en écoutant 1989, Gran Kino est un groupe français très expérimenté. Pourtant il sort aujourd’hui son tout premier album. Étrange …

Pour ne rien vous cacher, Gran Kino n’est autre que feu le groupe bourguignon Semtazone, fort de 10 ans d’expérience internationale. Si aujourd’hui Sara (pianiste), Charlie (accordéoniste, saxophoniste), Robin (guitariste) et Morgan (batteur) tranchent avec leurs précédentes productions dont le style était essentiellement Rock-Folk plus ou moins poétique, et aux influences tziganes (on les comparait parfois aux Ogres de Barback ou aux Hurlements D’Léo), le groupe garde son éternelle ambition et son envie de créativité.

Suite à leurs multiples voyages et rencontres musicales, ces globe-trotters s’accompagnent d’une trentaine d’artistes pour un projet réellement innovant : Réaliser un album qui sort de l’ordinaire,  ouvert à tous les styles, dans toutes les langues, et multi-instrumental.
Et c’est le moins qu’on puisse dire : 1989 est si diversifié qu’on ne peut qu’avoir un avis mitigé sur cet album, qui s’efforce de mixer rythmes hip-hop, chanson française, mélodies pop-folk, décharges rock et beats d’électro.  Aussi, si certaines pistes vous feront totalement vibrer, d’autres vous ennuieront très probablement.

Vous découvrirez quelques perles, comme Hip-Hop sur laquelle Les tambours du Bronx donnent un rythme endiablé, alliant son électronique et grosses percus africaines ;  ou I Love Tennis (mon coup de cœur) réalisé avec Juan Huevos qui, dans un style beaucoup plus rock, vous flanquera un sourire jusqu’aux oreilles. Dans un autre genre, Sergio mon amour – feat. Joey Burns, John Convertino & Naim Amor – termine l’album sur une note mélancolique, entrainée par une guitare alternant mélodies paisibles et élans rock, empreintes des envolées de Coldplay.

A l’inverse, alors que Pitié, feat. David Courtin, ressemble terriblement à un maladroit remake d’Anais par Benabar ; sur Mei Li, le groupe semble rechercher la poésie dans un pseudo-style « Noir Désir ». Loupé, c’est ennuyeux à mourir…

Enfin, ce LP tourne autour de l’année 1989. Vous l’aviez deviné, n’est-ce-pas ?

Et chaque piste illustre un événement : La victoire de Chang à Roland Garros ouvre le bal, suivi de l’affaire de la joggeuse de Central Park. Puis c’est la révolution roumaine qui est à l’honneur ; elle précède le massacre de la place Tian’anmen à Beijing et le décès de l’empereur japonais Hiro-Hito (alias Showa Tenno). La chute du mur de Berlin est évidemment présente, à travers la fuite de centaines de citoyens de la RDA à Sopron quelques mois plus tôt. Dans un registre plus « léger », la sortie de la toute première Game-Boy semble avoir marqué nos amis musiciens. Et l’album se terminera sur la disparition du réalisateur Sergio Leone.

Gran Kino a su réaliser un bien joli projet et, si certains titres peuvent décevoir, on ne pourra jamais leur reprocher leur originalité. L’idée est bonne, le groupe a voulu élargir son registre et nous faire voyager avec eux, au risque de se perdre en chemin.
Pour les adeptes, le groupe est en concert le 24 octobre au Divan du monde.

The Dark Chronicler


1 réponse sur « Gran Kino – 1989 »

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