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Grace Jones – Hurricane Dub

Trois ans après la sortie de son sublime album Hurricane en 2008, Grace Jones en sort aujourd’hui une version dub, sobrement intitulée Hurricane Dub. S’il faut être déjà amateur de l’univers de la sublime (et immense) Grace Jones pour apprécier ce disque, il mérite d’être découvert. Il nous transporte dès les premières notes de This Is dub dans l’univers sombre et mystérieux du mannequin au physique androgyne.

C’est un album très visuel, on écoute sa musique comme on regarderait Grace Jones, les oreilles tendues, l’attention au plus haut point, et les yeux plissés pour tenter de percer l’aura mystique de l’artiste. La musique de Hurricane Dub est savante. Seules quelques bribes de paroles contenues dans Hurricane version 2008 sont conservées dans cette version revue et corrigée. On aime la version de Well well well, aussi savoureuse habillée en dub que dans la première collection. Les instru regorgent d’instruments décalés, de résonnance, de drums et de percussions, qui rappellent sans arrêt les origines jamaïcaines de Grace Jones. Hurricane Dub s’écoute dans tous les états d’esprit, qu’on ait envie de se détendre, qu’on ait envie de faire la fête, avec un son digne d’une rave party (d’ailleurs, cette musique gagnerait à passer dans les soirées, messieurs les DJ !) ou bien qu’on soit posé dans un garage enfumé, et vous devinez ce que j’ai en tête.

D’aucun diront qu’on ne peut pas comprendre cet album, et pourtant, on devine l’ingéniosité de l’artiste. En peinture, ou en danse, on dirait que c’est de l’art contemporain. La sexagénaire à l’énergie intacte nous entraine exactement dans cette démarche: elle reprend ses propres morceaux et les transforme en un art des plus contemporains. C’est de l’art expérimental, qui explore les moindres recoins de la musique (en témoigne le morceau Hurricane Dub). Cette femme est un génie, en plus d’être un mythe.

Inutile d’en dire beaucoup plus, cette musique-là se passe de mots. Cet album est un disque qui s’entend, du moins s’il ne s’écoute pas. Chaque morceau est comme la bande originale d’un film sur l’art qu’essaie de nous transmettre Grace Jones. Car sous cette forme, la musique de la dame devient plus qu’un bouillon de culture, qu’une tranche de plaisir, elle devient une forme inédite d’art. Un disque qui devrait figurer dans tous les musées d’art moderne.

Auriane HAMON

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