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Flying Pooh – Never Slow Down

Si on oublie que Never Slow Down est un album des Flying Pooh, on a l’impression d’écouter du The Horrors d’il y a quelques albums, ce qui n’est pas si mal… Pourtant, après 20 ans de carrière et 5 albums, les « Cacas volants » (désolée, il était trop tentant de faire la traduction…) ne sont pas des nouveaux venus copiant leurs confrères anglais. Et cocorico, le rock énervé des Flying est français. Accrochez-vous, ils sont loin de la retraite, et ils n’ont de grabataires que l’introduction hospitalière du titre Busty Booty Babes.

Si une intro est calme, restez sur vos gardes, le refrain sera puissant. Et si le morceau commence fort, il continuera à envoyer du bois tout du long. A tel point qu’on en ressort épuisé. Ca aurait été insupportable si l’ambiance n’était pas aussi travaillée. Bruitage de maison hantée et univers dérangeant sur Dance With Me My Lov’, chuchotement torturé et inquiétant sur O’Brother, on oscille entre film d’horreur et ambiance kitsch à la Tarantino. Never Slow Down serait un mélange entre un Dracula sexy et un Boulevard de la Mort ? C’est en tout cas ce que suggère la pochette de l’album : banquette de cabriolet rouge, gambettes interminables… Les Flying Pooh ne font pas dans la dentelle niveau art work, et ils ne sont pas plus délicats dans le titre : cet album ne ralentit jamais. Quitte à accoucher d’un monstre un peu trop énergique…

Mais si on prend son courage à deux mains et qu’on décide d’écouter d’une traite ce concentré de vitamines, on ne sera pas trop déçu. Riffs énervés, omniprésence des cœurs, univers kitsch incarné par des sons de claviers destinés à l’origine aux messes (noires ?), autant de petites touches d’(in)délicatesse dans un rock efficace. Il faut se l’avouer, Flying Pooh, ça tache, ça a tendance à crier et à s’exciter sur ses cordes. Et pourtant, cette espèce de cabaret caricatural emporte les suffrages, à l’instar de leurs collègues The Horrors.

Après avoir été un peu déçue par le titre Holy Black Candy, qui part un peu trop dans tous les sens niveau instru, gros coup de cœur pour Dance With Me My Lov’, représentant parfaitement le paradoxe entre chanson-qui-fait-peur et second degré appréciable. En bref, si vous avez la forme, cap sur Never Slow Down des Flyng Pooh. En espérant tout de même plus de cohérence et une main un peu plus légère sur le prochain CD, comme le sous-entend le presque reposant et trippant Let’s, dernier titre de l’album.

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