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Faf Larage et Akhenaton – We Luv New York

Attention évènement ! Faf Larage et Akhenaton reviennent en 2011 (bien qu’ils ne soient jamais partis…) avec un album commun, We Luv New-York ; baptême de feu du nouveau label de Akhenaton, Me Label.

Bio express tout de même des deux protagonistes, pour voir que l’on n’a pas à faire à des amateurs, mais plutôt à des affranchis, des vrais, à la Scorsese, version French Connection. Faf Larage d’abord, ex membre des Soul Swing and Radical dans la fin des 80’s/début des 90’s, frère de Shurik’n (IAM), premier album solo en 1998 jusqu’à son cinquième en 2007 ; de nombreuses collaborations, bien sur, avec la FF, le 3e Oeil

Akhenaton ensuite ; bon…comment faire court ? Membre du plus que mythique groupe IAM depuis les 80’s, en parallèle une carrière solo, quatre albums depuis 1995 dont l’un des monuments (avis perso évidemment) du rap français Métèque et Mat (petit aparté pour les fans, si vous voulez l’entendre pour la/l’une des premières fois, essayez de vous procurer ce vinyl : Choice MC, This is The B Side 1988 !) ; également producteur, acteur et réalisateur à ses heures perdues, rien que ça ! Si vous voulez en savoir plus sur ce sacré bonhomme son autobiographie La Face B doit être dispo dans les bonnes librairies.

Voici donc les deux Phocéens réunis autour d’un projet, un hommage à la musique, à leur kiff, d’où sûrement le titre de l’album ; New-York la Mecque du Hip-Hop, lieu de pèlerinage pour tous les MC’s, Breakers, Graffeurs …

Ils n’ont pas chomé. 17 titres, sans featurings ; aux manettes eux même, Buddah Kriss et GR et F ; les prods sont nickels, pas de Dirty South, mais de bons vieux beats faits de samples, de bonnes lignes de basse, de caisse ; on hoche la tête, on sent le bitume Brooklynien à la sauce du vieux port. Ils nous le font bien comprendre d’ailleurs au fil de leurs textes ; leurs influences sont multiples. Leurs couplets en sont jalonnés, le Jazz, la East Coast, le Cinéma, Marseille, le foot…

Mais ils ne se contentent pas d’énumérer ce qu’ils aiment, heureusement. Ils crochètent pas mal comme dans Ni Fouet, Ni Maître. On connaissait le AKH revendicatif, Faf l’est aussi si on en doutait. Ils dénoncent ; beaucoup de choses, les injustices sociales, le rap business, la fausse intelligentsia très parisienne, les faux-cul … Le soucis, c’est que c’est fait de façon parfois confuse, ou trop cachée ; une faiblesse qui peut devenir une force si on prend la peine de bien réécouter chaque morceau. Une seule écoute ne suffit pas pour bien saisir la finesse des rimes (de AKH surtout). Ils ne se livrent pas complètement, il faut venir les chercher, s’intéresser à ce qu’ils disent et là ils nous délivrent leurs fonds ; comme une façon de dire qu’apprécier une musique ou un texte, ça se mérite ; ils ont fait un travail, à nous de faire le notre, ce qui risque d’en rebuter certains, mais satisfaire et procurer du plaisir et de la connaissance aux autres.

Je trouve que le petit défaut, c’est l’inéquité entre les deux. AKH est au dessus de Faf, au niveau du flot comme des textes. Mais cet opus, est le fruit de leur union, il ne se serait pas fait l’un sans l’autre.

En définitive, ce premier jet estampillé Me Label, est bon, il laisse présager un bon avenir, malgré quelques petites carences, un côté un peu brouillon parfois. Il va à contre courant de la tendance gangsta actuelle, reste donc à savoir si le publique va suivre. Perso je vous le conseille en tout cas, ce n’est peut être pas leur meilleure performance ; ce n’est peut être pas l’album de l’année, mais il en vaut la peine et ces deux personnages le méritent.

Label : Me Label – Sortie Mars 2011

Site : www.me-label.com

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