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Live reports

Dictafone Live – OPA Bastille – 05.2011

Aller voir Dictafone à l‘OPA, quand on a la manie d’être toujours ponctuel, c’est arriver à 19h30 précises pour un concert qui ne commencera pas avant 23h. Ponctuel et mal informé. Alors comme la salle est à moitié déserte et que pour l’instant personne ne semble disposé à l’embraser, on se dit qu’on a le temps et on va faire un petit tour du propriétaire. Aux toilettes, on est vaguement interloqué par la collection d’insectes et autres scorpions naturalisés qui surplombe l’urinoir-gouttière.

Paraît que c’est les petits les plus véloces…
…?

Je sais pas vous, mais moi j’ai toujours trouvé que les toilettes d’un lieu public étaient un lieu mal choisi pour engager des mondanités.
Les scorpions, je veux dire…

Particulièrement mal choisi. Je souhaite bonne soirée à mon nouvel ami entomologiste et je regagne le théâtre des opérations. Et là… toujours rien. Une pinte. Je m’installe à l’une des tables basses qui parsèment la salle. Deux pintes. J’engage la conversation avec ma voisine, une jeune femme rousse vêtue d’une jupe écossaise.

Where are you come from ?
Porte de Clignancourt.

Trois pintes. Je commence doucement à me demander ce que je fais là et pourquoi diable le capitaine ne nous donne-t-il pas directement son âge, c’est vrai ça, c’est un peu déplacé à la longue tant de coquetterie pour un capitaine d’équipage, quand soudain on s’agite sur scène. Elle s’appelle Lou Salomé (rien à voir avec la petite copine de Nietzsche), blonde, la trentaine, elle est accompagnée d’un percussionniste et d’un guitariste et chante plutôt bien. Sa voix est chaude, ses textes sont assez poétiques, elle porte un revolver en plastique dans un holster et une longue robe noire. Voue un culte assumé au Grand Serge, dont elle fera deux ou trois reprises. Tout ça est assez inoffensif mais on passe quand-même un bon moment. Une dernière reprise, de Sting cette fois, et la belle nous fait ses adieux.

Place à Matthieu L, dont on comprendra à travers les textes engagés qu’il entretient une relation amour/haine aux pommes de sa Normandie natale. Il en rêve la nuit, des pommes par-ci, des pommes par-là. Il est accompagné de trois musiciens. Leur pop-folk manque un peu de swing mais Matthieu a des faux airs de Ben Stiller, il a l’air sympa et on tape dans nos mains. Le guitariste semble avoir 17 ans, mais en fait non car on finit tous par le remercier d’être venu alors qu’il avait un mémoire à rendre et deux partiels le lendemain. Sympa. Puis les choses sérieuses peuvent commencer.

Dictafone c’est un chanteur/guitariste/clavier qui ressemble à Adrian Brody en plus petit et avec la veste de Beetlejuice, un guitariste avec un T-shirt « The Flying Burrito Brothers », un bassiste hilare  comme un accordéoniste de bande-dessinée et un batteur qu’on ne voit pas, puisqu’il est caché derrière son instrument dans un renfoncement du mur. Et globalement, c’est plutôt pas dégueu. Duncan Roberts (chanteur) a la pêche, un grain de voix pas piqué des hannetons (Flavien, tu me dois un Mc Flurry double nappage), et sa bonne humeur est communicative. D’ailleurs, dans la salle, le public commence à danser. Si si. Les chansons s’enchaînent sur le mode sexy-chiadé cher aux amateurs de vraie pop anglaise, et si votre serviteur n’avait pas eu l’idée saugrenue d’enchaîner sur des ballons de rouge, probable qu’il y serait allé du petit déhanché dont il a le secret. Oui mais voilà les mélanges n’ont jamais été son fort, le dernier métro ne va pas tarder à pointer le bout de son nez et les meilleures choses ont un fin. Parait-il…
Dans la rame, mon pied droit continu de battre la mesure.

 

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