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Détroit – Horizons


Si vous ne savez pas que Bertrand Cantat a sorti un nouvel album avec son nouveau groupe, Détroit, il n’y a que deux explications possibles : vous sortez d’un coma ou vous vivez dans une grotte. On en aura parlé en long en large et en travers de ce retour, que ce soit à travers quelques anecdotes dont l’ironie n’a échappé à personne (la première date de sortie de l’album Horizons qui coïncide avec la journée contre la violence faite aux femmes), ou les éternels débats « pour » « contre » «sans opinion » vis-à-vis de la légitimité qu’a Bertrand Cantat à ressortir un album.

Parce qu’aujourd’hui chroniquer un album de Bertrand Cantat est aussi une déclaration (politique, philosophique ou sociologique, à vous de choisir), je me sens obligée d’écrire quelques mots sur mon point de vue : fan de Noir Désir depuis une quinzaine d’années (oooh, ça ne me rajeunit pas), je sépare la musique, l’artiste, de la personne et ses actions. Je considère que ce n’est pas à moi de faire son procès (et de le refaire indéfiniment, comme c’est le cas aujourd’hui), je refuse de me priver de l’écoute des vieux albums de Noir Désir ou de donner une chance à Détroit, et à vrai dire je suis un peu fatiguée d’en entendre parler encore et encore. Maintenant que c’est dit, on va pouvoir passer au sujet qui nous intéresse vraiment, c’est-à-dire Horizons de Détroit, parce que faire un come-back c’est bien, mais avec quel résultat ?

Détroit – Horizons

Le single « Droit dans le Soleil » est sorti une semaine avant l’album. Le morceau, assez minimaliste, est une ballade soutenue par une guitare et un violoncelle, et s’accorde parfaitement avec le ton nostalgique, mélancolique que prend la voix de Bertrand Cantat. Ce premier extrait m’a donné beaucoup d’espoir quant  à l’ensemble d’Horizons. Mais à l’écoute globale de l’album, j’ai rapidement déchanté. Le premier titre, « Ma muse », donne le ton de ce qui nous attend : les paroles et la voix de Bertrand Cantat ont la même force, la même intensité que ce dont il nous avait habitué, mais les accompagnements sonnent inappropriés, un peu plats. En quelques secondes, la cruelle vérité est là : Noir Désir, ce n’était pas que Bertrand Cantat, c’était aussi Serge Teyssot-Gay, et avec l’un sans l’autre sur tout en album, on ne peut s’empêcher de penser qu’il manque quelque chose.

Les accords et riffs torturés de Serge Teyssot-Gay ont toujours su sublimer la voix de Bertrand Cantat. Pascal Humbert, l’autre artiste derrière Détroit, est talentueux, mais peut-être trop lisse pour prendre la suite. Même lorsque Horizons s’emballe (« Le creux de ta main »), il manque quelque chose. Détroit se permet aussi une reprise d’« Avec le temps » de Léo Ferré qui m’a laissée perplexe. La voix dégage énormément d’émotions, prend même parfois des allures proches des « cantadores » de flamenco. L’instru est… étrange. Je bloque dessus, la trouve inapproprié. Je me rends compte que je n’écoute plus que ça, mais sans plaisir.

Après, je n’irai pas jusqu’à déconseiller Horizons de Détroit. Peut-être qu’inconsciemment face à toute cette polémique j’espérais et m’attendais à un chef-d’œuvre, peut-être ai-je tout simplement mis la barre trop haute après des années de Noir Désir.  Peut-être qu’il s’agit de l’un de ces disques qu’il faut écouter plusieurs fois, l’apprivoiser, afin de mieux l’adopter. Ou alors, peut-être est-ce le premier d’une série qui ira – je l’espère – en s’améliorant. Affaire à suivre…. En attendant, c’est toujours agréable de réentendre la voix de Bertrand Cantat.

Détroit – Avec le temps

4 réponses sur « Détroit – Horizons »

Pas tout à fait d’accord avec ta critique. Je trouve la musique de cet album très léchée, mélancolique et profonde.
Les textes, que j’ai pris la peine de lire à part, sans écouter l’album, sont introspectifs, méditatifs et lucides quant à l’expérience vécue par Cantat. Horizons, notamment, est d’une sincérité sans détour quant à sa période derrière les barreaux. Bel album. J’attends le prochain avec impatience. Signé: un fan de Noir Dez’ depuis toujours.

Cantat nous offre ici, malgré son combat désespéré contre d’invincibles démons intérieurs, le côté lumineux du rock’n roll.

moi qui suis assez aficionados de la tabasse sur femme, je ne peux que conseiller l’écoute de cet album. je l’apprécie pour tabasser aussi bien mes filles que ma femme…

Bref du très bon Cantat !!!
bisous.

Bientôt la tournée , ça promet mais j’espère qu’il est pas trop rouillé avec ces 50 ans 🙂

@+ camarde et que vive la révolution , à bas les âmes corrompus du dégoût !

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