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Catherine Ringer – Ring N’ Roll

Évacuons d’emblée le sensationnel. Oui, dans Ring N’ Roll, premier album solo de Catherine Ringer quatre ans après la mort de Fred Chichin, il est question de celui qui fût son acolyte au sein des Rita Mitsouko et son compagnon dans la vie des années durant. Oui, chacun des 12 titres qui le composent offre sans doute un second niveau de lecture, plus ou moins perceptible, ou transparaissent la douleur de l’absence et la présence de l’héritage musical laissés par le compositeur des Rita derrière-lui, et l’un d’entre-eux au moins lui est directement adressé : Mahler, mélopée intimiste et bouleversante sur un adagietto la 5ème symphonie du virtuose autrichien, où l’on mesure l’ampleur de la technique vocale de Catherine Ringer, pourtant à fleur de peau comme jamais. Oui, l’ombre bienveillante de Chichin est omniprésente, et comment aurait-il pu en être autrement? Ceci-dit, Ring N’ Roll n’est pas (qu’) un simple hommage, loin s’en faut.

Dès la première chanson, Vive l’Amour, badine et lumineuse, le ton est donné. Sans jamais chercher à s’affranchir du souvenir de son homme, Catherine Ringer décide pourtant d’aller de l’avant, de s’amuser. Et nous offre un objet sonore hybride et résolument baroque, où le primesautier (Z Bar, hymne rock aux inflexions ska chanté en anglais) côtoie le plus grave (Punk 103, poème torturé, presque malsain), l’esbroufe (Prends-moi, dont le texte facétieux et nonchalant n’est pas sans rappeler Gainsbourg dans ses compositions grivoises), l’expérimental (Got it Sweet, où une flûte envoûtante plane au-dessus d’un paysage électronique) ou encore le futuriste (Rendez-Vous).

On l’aura compris, si Ring N’ Roll s’inscrit dans la plus pure tradition du rock distillé par les Rita Mitsouko trois décennies durant, en ce qu’il n’a pas froid aux yeux et n’hésite pas à mélanger les genres, Catherine Ringer n’oublie pas d’y appliquer le leitmotiv principal des Rita : faire preuve d’originalité. Elle réussi ainsi dans l’ensemble, au prix toutefois de quelques inégalités de facture, à opérer le grand écart toujours périlleux entre loyauté à la mémoire des disparus et affirmation de soi, et nous livre un premier album solo positivement… vivant. Donc singulier.

Label : Because – Sortie : mai 2011

8 réponses sur « Catherine Ringer – Ring N’ Roll »

La pochette est pas jolie jolie dis-donc 🙂
Je ne parle pas de leur musique on est bien d’accord.

C’est vrai que la pochette est assez hideuse. Elle fait penser à un collage surréaliste raté… mais n’augure heureusement en rien du contenu de l’album. Et puis, même si c’est pour de mauvaises raisons, elle a au moins le mérite de retenir l’attention, et c’est bien là tout ce qu’on demande à une pochette dans les rayons de la fnac 😉

C’est à double tranchant, ça attire l’attention mais ne donne pas envie non plus hi hi

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