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Benjamin Clementine Live – Café Carmen – 04.2013

Dans l’ambiance très intimiste du Café Carmen, entre les bougies et les lambris rococo, nous avons pu assister à un concert privé de Benjamin Clementine. Au milieu de brouhaha des journalistes blasés, le jeune homme s’est installé pied nu devant un honnête piano à queue. L’acoustique n’était pas forcément au top, mais la voix puissante de l’Anglais a su faire taire les derniers caqueteurs. C’est dans le métro que les oreilles fines ont pu repérer sa voix grave et soul ; mais de showcase en showcase, il a su se frayer un petit chemin vers les professionnels de la musique, labels et maison de disques.

Pendant toute la durée (30 minutes) du concert privé, Benjamin Clementine n’a cessé de jouer avec le public, enchaînant les petites blagues, entonnant une version très personnelle –et dans un français approximatif- de Je suis malade, déclamant fièrement « je le sais le parler français, même si c’est pas bon ». Et il faut dire que son accent british est assez craquant. Il le sait, il en joue, s’attirant un capital sympathie utile quand on multiplie les grimaces comme lui. Parfois à la limite du ridicule, Benjamin Clementine vit sa musique. On espère quand même qu’il n’a pas vécu toutes les histoires qu’il raconte avec un souffle tragique dans la voix. Parce que franchement, c’est pas bien rigolo. Même les chansons « joyeuses » (« I dream, I smile, I work, I cry, I won’t complain ») ont un accent désespéré. Il chante avec ses tripes, alternant les moments doux et les cris déchirants. Il arrive même que le souffle dans sa voix se fasse animal. Ca pourrait être risible, c’est d’ailleurs parfois un peu too much. Mais l’intensité efface ce côté trop théâtral. Je croise les doigts pour qu’un jour Benjamin Clementine arrive à épurer son jeu de scène, et ne garder que l’essentiel : l’émotion.

A noter, Ain’t got no, une reprise de Nina Simone. La description -passez moi l’expression- d’une vraie vie de merde. « Pas d’ami, pas d’amant, pas de boulot, pas de quoi payer le loyer, pas de maison, pas de chaussures (rires dans la salle, rappelez-vous que Benjamin Clementine, alternative classe d’un Yannick Noah, joue pieds nus)… Mais tu ne peux pas m’enlever mes yeux, mes lèvres, mon nez… » etc. Pour fini ce concert sur un mot, un seul, « freedom ». J’en aurais presque versé ma petite larme.

Benjamin Clementine – Cornerstone

Chronique : Clémence Meunier
Photos: Emma Forni

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