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Anna Aaron – Dogs In Spirit

En lisant le titre de l’album, Dogs In Spirit,  je me suis demandé si je n’étais pas (encore) tombé sur un groupe de prières amérindiennes. Finalement non, mais certaines chansons s’aventurent dans le monde des esprits. Ou celui des champignons hallucinogènes, je ne sais pas. Toujours est-il qu’on part faire un beau et long voyage en écoutant cet album.

Le titre de la première chanson, Elijah’s Chants, interpelle. On ne peut pas s’empêcher de penser à Frodon, et ça me fait un peu rire, quand même. Et pourtant, la rythmique nous plonge en pleine science-fiction, même si je pense pas que la référence à Doctor Who soit voulue. Mais ça pousse à écouter la chanson en entier, pour entendre la double, voire triple, voix d’Anna Aaron. Cette particularité et le fait que les percussions soient le seul instrument de toute la chanson, sauf pendant le refrain, donnent une dimension presque mystique à la chanson. On est donc bien au plein milieu du monde des esprits là, c’est fou.

Dans le même registre des voix multiples, on retrouve plus loin dans l’album The Passion. C’est un chef d’oeuvre de chant liturgique, aussi bien placé dans cet album qu’un pingouin au Sahara mais cette pause religieuse permet de se reposer avant de repartir chez les esprits, de la pop cette fois. Oui parce qu’après les chants d’église, on tombe sur deux chansons assez pop, pas très joyeuses mais qui passeraient très bien en radio, j’ai nommé : Queen Of Sound et King Of The Dogs ! La voix d’Anna Aaron ressemble ici à celle de Feist, en plus mature.

Since I Met You My Peace Is Gone est bien nommée je trouve, vu que le piano nous lâche pas du début à la fin, comme le sparadrap du Capitaine Haddock. C’est une chanson courte (une minute 38), mais dont on se souvient, tellement elle est entraînante et intense. On y retrouve toujours cette superposition des voix, qui semble être le fil rouge de l’album.

Juste après, on quitte le monde des esprits et on tombe dans le repaire du Diable. Dans In The Devil’s Camp, le grincement de la guitare en bruit de fond très ténu nous tient dans l’angoisse, comme la peur d’aller en Enfer. Et ça s’entend dans la (les ?) voix d’Anna Aaron, qui a pas trop l’air d’aimer ça. Mais ça a l’air d’aller mieux dans la chanson d’après, vu que dans Fire Over The Forbidden Mountain, sa voix a repris du punch. C’est une chanson puissante, pas seulement par la puissance de sa rythmique primale, mais aussi par ce qu’elle fait passer : une volonté d’avancer, de jamais abandonner. Avec le piano qui tire dans les graves, on sent pas d’espoir, mais une rage de vivre, de la violence. En bref, elle nous dit de nous défouler, de tout lâcher, parce que ça fait du bien !

Au final, Anna Aaron nous livre un album excellent, bien que très spécial. La preuve : cette double voix omniprésente qui pourrait symboliser une séparation du corps et de l’esprit, qui … Non, j’arrête là, ça vaut mieux. En tout cas, on ne se lassera pas de cet album de si tôt, c’est moi qui vous le dis !

Yvan Brax

2 réponses sur « Anna Aaron – Dogs In Spirit »

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